Albert Ramassamy: "Citoyenneté oblige"

La monarchie anglaise est dotée d’un roi (ou reine) et d’un Parlement. Pour expliquer le partage du pouvoir, entre ces deux institutions, un juriste a eu cette formule ; » Le parlement peut tout faire sauf changer un homme en femme ! ». Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui. Ce ne l’est plus, pas dans les faits mais dans le vocabulaire. En effet, en projet ou déjà adoptée, une loi ouvre le droit au mariage, entre deux personnes de même sexe. Qu’en penser ? Lorsque l’avidité qui vous jette vers l’objet aimé, de votre sexe ou de sexe opposé, se fait irrésistible, nul n’est habilité à juger de la fin qu’elle reçoit dans un mutuel consentement. Cela regarde les parties concernées et elles seules. Tout jugement critique porté sur ces dernières, tournerait à l’homophobie. Et l’homophobie est haïssable.
Mais il n’en va pas de même quand il s’agit d’une loi. Car par définition, la loi est l’expression de la volonté génèrale. En tant que telle, elle nous concerne tous. Comment alors ne pas comprendre, qu’une partie du pays frémit de frayeur et d’émoi, à l’annonce d’une loi qui bousculerait les habitudes établies, les mœurs et la notion de famille ?
Comment ne pas entendre, les voix qui s’élèvent et qui crient à l’attentat au droit de la famille ou au suicide moral, même si c’est au nom des convictions religieuses ? D’ailleurs la foi aurait-elle sur la citoyenneté un effet réducteur ? Dans l’état actuel du droit, impuissante à créer une famille, la loi constate l’existence d’un couple ayant vocation à procréer et lui donne un statut juridique. Ce statut, il l’obtient par le mariage. A la base ce sont les liens du sang qui confère à la famille son unité et sa marque. Il n’en va pas de même, dans le cas d’un mariage entre deux personnes de même sexe. Ici, c’est par l’adoption encore revendiquée que sera créée la famille. Ce qui revient à user d’artifices juridiques pour pallier l’absence des liens du sang. Outre que pareille entreprise risque d’engendrer dans le futur désordre social et troubles psychologiques, elle représente un usage nocif du pouvoir législatif. C’est la raison pour laquelle, les citoyens actifs doivent se mobiliser et se faire entendre.
Cependant pour ma part, je ne serai pas contre « le mariage homosexuel, le jour où : A la campagne, je serai réveillé par le chant d’une poule et que j’entendrai un coq glousser et conduire les poussins. Dans un verger, je verrai un arbre donner des fruits, alors qu’il enfonce sa tête dans le sol et dresse ses racines vers le ciel. Dans la plaine, une rivière monterai vers le haut de la montagne. Tant qu’il n’en sera pas ainsi, je dirai au législateur écoute ce que te dit Lamartine « la nature est là qui t’invite et qui t’aime plonge toi dans son sein » et j’ajouterai, mets tes lois en conformité avec les siennes. Car les siennes depuis toujours, font se succéder les saisons, harmonisent les forces naturelles, même lorsqu’elles se déchainent et assurent le renouvellement de l’espèce, de toutes les espèces. C’est ça l’ordre naturel des choses. Cet ordre, il existe et son respect s’impose à tous : »si la propagation de l’espèce n’exigeait l’accouplement des amants, toute notre musique et toute notre poésie n’existeraient plus ». (A Maurois).
Albert Ramassamy
(ancien Sénateur)


