Je serai bientôt aveugle… à cause de la Sécu !
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Je vais essayer d’être bref, parce qu’écrire devient une galère. Pour cette missive, j’ai calibré l’ordinateur en ARIAL 16 pour y voir un peu, c’est dire.
Je devais subir une intervention aux yeux en janvier prochain. Je ne pourrai pas y aller : ma CMU n’a pas été renouvelée par notre sacro-sainte CGSS. Pourtant, voici deux mois j’ai refait tout un dossier pour mettre ma carte VITALE à jour. Dossier complet, accepté, la partie Sécu a bien été renouvelée.
Mais pour la CMU, va te faire voir, c’est le cas de le dire ! Pourquoi ? Je vous le donne en mille. A la Sécu Saint-Pierre, la gentille employée, souriante, voix de velours, m’explique qu’ils ont deux mois pour traiter les dossiers.
Passé ce délai, c’est au « client » de refaire un dossier complet. Autrement dit, avec le sourire, en me regardant droit dans les yeux : « On déconne mais c’est vous qui casquez. On n’en a rien à foutre, c’est comme ça ! »
Ils s’en tamponnent le coquillard avec une patte d’alligator femelle. D’ici deux mois, ils n’auront jamais le temps de me faire une nouvelle CMU. Ils seront en vacances. Moi, je ne pourrai pas avancer les fonds pour mon opération, n’ayant qu’un minimum vieillesse de 550 euros mensuels. Ma vue baisse déjà à vitesse exponentielle.
Qu’en sera-t-il alors ? Pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste, il faut une petite éternité. Ce n’est pas de leur faute, ils ne sont pas assez nombreux. Ce n’est pas en marchant avec une canne blanche que je me ferai opérer ! Certains seront contents, j’avais encore des livres à écrire, et quelques courriers incendiaires à envoyer aux journaux. Si je ne peux plus voir, lire, regarder un film, admirer une belle chute de reins dans la rue, ou écrire, tout ça n’a plus aucun sens.
Vous savez que je ne fais jamais de promesses en l’air. Si je dois perdre la vue à cause de la Sécu, je n’irai pas demander des comptes aux employés de base. Mais aux esprits malades qui décrètent des règlements aussi stupides que leurs cervelles de piafs. Leurs salaires mirobolants, leurs belles bagnoles et leurs vacances à Courchevel ne leur donnent pas le droit de nous mépriser ! A bon entendeur… Faute de bon voyeur… Jules Bénard


