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"Garde manger" ? "Quel "garde manger"? Et où ?

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 16 août 2012 à 14H57

On ne parle que de requins ces derniers temps. Finis le chômage, la vie chère, le « seuil de pauvreté »,  la crise internationale, etc… Le problème numéro un que connaît la Réunion, c’est le requin !  Et dans cette bataille capitale, certains d’assimiler la réserve marine à un « garde-manger » pour les requins.

Sans vouloir jouer les connaisseurs et encore moins les amontreurs, il n’est pas inutile de rappeler deux ou trois petites choses que tout le monde connaît ou devrait connaître… sauf ceux qui ne veulent rien entendre.

Le véritable garde-manger, c’étaient à l’époque les lagons qui regorgeaient d’espèces de toutes sortes. Et pas que des capucins carême ! De tout ! Les pêcheurs à pied, et qui étaient nombreux, vivaient et faisaient vivre leurs familles du produit de leurs pêches. Chichement peut-être, mais ils en vivaient.  Ils mettaient même, à l’intérieur du lagon, des langoustes à la nourrice, le temps qu’elles grossissent pour être vendues. Par nuits noires, les lagons s’illuminaient d’une multitude de lumières : c’étaient les pêcheurs au flambeau.

Les requins, qui ne sont pas plus bêtes que les humains, l’avaient très bien compris : il leur suffisait de se mette devant toutes les passes pour faire leur festin. Les poissons qui y entraient, ceux qui en ressortaient, soit parce qu’ils avaient grossi à l’intérieur, soit qu’ils avaient franchi les brisants, rejetés par les grosses lames.  Il arrivait même, de temps à autres, à des humains d’être emportés par les courants et de franchir les passes…. Ils ne passaient pas par maille, si l’on peut dire. Cela s’est produit plus d’une fois à la passe de l’Ermitage, du Cap Homard, du Boucan, voire dans le sud. Mais à cette époque, on ne comptabilisait pas… et donc, cela n’existait pas !

La partie aujourd’hui réserve marine était elle même alimentée par la faune du lagon qui s’y déversait par les passes notamment.

Zistoires grand papa diront certains qui, aujourd’hui, savent tout mais n’ont rien connu ni vu. Et agressent, par exemple, la député-maire de Saint-Paul qui se contente de leur rappeler quelques évidences.  Les grands papas, en tout cas, n’étaient pas assez fous, ou « modernes » pour aller « serve l’appât pou requin chagrin » (CF Madoré, grand papa parmi les grands papas)

Une chose cependant est certaines : les lagons étaient dix, vingt, cent fois plus poissonneux que la fameuse réserve d’aujourd’hui. Réserve qui a été créée, il faut le rappeler, justement parce que les lagons, dépeuplés, se mourraient tranquillement au vu et au su de tous. Et, ce ne sont pas les requins qui ont dépeuplé les lagons. Ni même les pêcheurs capucins-carême, zourites ou macabits, et encore moins les pêcheurs-gaulettes et autres ramasseurs de moules et de coquillages, bien plus faciles à pourchasser et à traquer que ceux qui n’ont cessé de polluer le lagon et de tuer les espèces qui y vivaient.

Alors, la réserve marine « garde manger » des requins ? Rien n’est moins sûr.

Que ce prétendu « garde manger » pour requins, fasse frétiller d’envie certains et qu’il alimente les rêves de pêches miraculeuses, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir non plus. Encore que…

En vérité si « garde manger » il y a, il n’est plus à l’intérieur de l’espace de l’actuelle réserve marine, mais bien à l’extérieur. Notamment devant les embouchures des nombreuses ravines où la fréquentation humaine s’est considérablement densifiée.  D’autant que toutes les saletés jetées, en amont, dans le lagon et ailleurs, et qui s’y transportent, y compris sous terre, constituent d’excellentes « amorces ».

Mais toujours à propos de requins, il y en a, et ils sont nombreux, qui s’ignorent : ils ne sont pas dans la mer, mais bien sur le plancher des vaches. Quand donc leur donnera-t-on la chasse, car ce sont les pires prédateurs.

Georges-Marie Lépinay

 

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