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Bonnes fêtes !

Ecrit par zinfos974 – le mardi 1 mai 2012 à 08H09

Dans un système pourri et corrompu, nous sommes tous propulsés à la vitesse grand-V dans la logique de l’immoralité. Celle ou celui qui persiste dans le sens des bonnes règles se verra censuré, rejeté, banni, diabolisé, mis à l’écart. La société aime les gens soumis qui suivent comme des moutons la route de la bêtise.

- Bien malheureux est celui qui ne suit pas le chemin d’autrui.
Le prolo construit son malheur à fermer sa gueule toute sa vie active à l’usine. Il meurt à 60 ans, laminé par les années de labeur.
Des métiers de chiotte. Je passe ma vie à faire des boulots de merde, prudent j’en évite un paquet.

Refusant de pointer à l’usine, je mets 10 ans à retaper la vieille masure, ancien corps de ferme en pierre du 17ème, sise dans le village de mon enfance. Assisté à temps plein aux ASSEDIC. Je fais un sauvetage, la baraque devait finir sous les coups des bulldozers, si je ne l’avais pas acquise en 75. Aujourd’hui la belle demeure de caractère est cernée de vilains pavillons en béton. Il m’a fallu tout faire ou presque. J’ai appris la maçonnerie ancienne, la charpente, menuiserie, je me suis transformé en plombier-chauffagiste, électricien, couvreur, carreleur, peintre, tailleur de pierres, terrassier et cætera…

Il n’y a rien de plus facile de palabrer pour dire que le travail manuel est revalorisant quand on n’est pas concerné, se regardant parler le petit doigt en l’air et le nœud pap’ de travers.
- Bonne fête!
- Quelle fête ? Réponds-je bêtement au marchand de glace qui n’en a plus à la fraise.
- J’en ai au chewing-gum !
- Oui ! Crie Cécile.
- Oh je vous demande pardon monsieur ! Depuis ce matin je n’arrive pas à m’enlever de l’idée que nous sommes aujourd’hui dimanche. Un dimanche ordinaire. Oui j’oubliais, c’est la Fête du Travail, nous sommes jeudi premier mai. Certains pensent que je n’ai jamais rien foutu de ma vie, pourtant je passe mon temps à défendre les travailleurs en difficulté. Vous savez, ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts. Je suis passé à la télé l’an dernier, à la fête du muguet pour relater les exploits de Villepin, dans l’affaire Clearstream. Maintenant avec Nicolas Sarkozy je me régale, mais je ris jaune car de toute évidence son élection à la présidence est une erreur de casting et ça me donne beaucoup de boulot comme dit Guy Bedos. Guy Bedos qui n’a jamais rien foutu, à part tout critiquer.

- Hum ! C’est bon, une fois je goûte la sucette et une autre fois la glace, je suis gâtée… mais c’est quoi ton métier papa ?
- Mécanicien ma chérie ! Je bricole, rafistole, répare, je m’améliore. Je construis, mots après mots, phrases après phrases, sans oublier les virgules et les points d’interrogation. Installes-toi bien dans l’auto ma chérie, accroche ta ceinture on s’en va, je ne veux pas faire attendre maman.

En ce moment je suis débordé, il faut que je fasse une machine pour le linge, j’ai du repassage en retard et je dois regarder deux films. Je vais être obligé de prendre une journée de travail. J’ai bien pensé faire caissière dans l’hypermarché du coin sans faire payer les clients mais c’est compromettant.
J'ai souvent joué le crétin pour me mettre au niveau de l’autre, prétentieux je sais, c'est une erreur, personne n’est parfait, j'en paye encore les conséquences aujourd'hui. Je ne regrette rien. J'ai toujours aimé écrire, c'est une passion qui ne me quitte pas.

Gilles Bayet.

 

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