Nassimah est-elle manipulée ?

Nassimah est-elle manipulée ?
En tout cas, si elle l’a été, elle ne l’est plus. Car il faut lui rendre cette justice, elle a du ressort, la môme ! Et elle a bien du mérite car pièges, chausse-trapes, gobes et oubliettes ont été creusés et dressés à plaisir sur sa route. Le plus souvent par ses propres copains de droite.
Lors de sa première élection à la présidence départementale, tout le monde a salué son arrivée au Palais de la Source. Pensez ! La première musulmane présidente d’un département français ! Jeune, intellectuelle, intelligente (c’est pas la même chose), et jolie pour faire bon poids. Mais c’est précisément le drame quand on a trop de qualités : ressentiments et jalousies sont vite au rendez-vous. Ajoutez-y une solide dose de machisme et on arrive au spectacle désolant, pitoyable, lors du renouvellement : ce mauvais tour que lui ont joué ses amis de droite. Ils ont voulu à tout prix tenter de mettre un mec à sa place. Lors d’une parodie de réunion de travail à Etang-Salé, ils n’ont même pas eu la courtoisie élémentaire d’attendre son arrivée et ont essayé de la virer comme une malpropre.
Fallait-il qu’elle se laisse faire ? Elle a choisi de réagir.
Car quel crime avait-elle donc commis ? Quelle faute inexpiable pouvait-on bien lui reprocher ? Rien ! Pas ça ! Sinon d’avoir eu le culot de s’installer dans un fauteuil que les mâles se croyaient réservé ad vitam aeternam.
Car elle avait fait du bon boulot, Shéhérazade. Jamais la culture et le social n’ont fait l’objet de tant d’attentions. Même moi, qui ai sévèrement allumé le Département dans l’affaire de l’ARAST, je dois l’admettre.
Il est d’ailleurs évident que dans l’histoire de l’ARAST, l’Etat a voulu lui faire porter le chapeau et se débarrasser d’elle. A-t-elle commis des erreurs ? Certes ! Ne serait-ce qu’accepter Catherine Payet à son cabinet et suivre les conseils d’un Paulot qui pensait bien en faire sa chose. Raté, mon gars. Ce sera pour une autre fois… s’il y a une autre fois.
Elle a réagi à temps et déjoué tous les plans échafaudés par la droite dure sarkozyenne (et les autres) pour lui faire la peau. Courageuse, notre Présidente.
Aujourd’hui, toute honte bue et leur échec amèrement remâché, ceux qui voulaient la dessouder recommencent à lui faire du plat. En politique, la honte n’existe pas.
Jules Bénard


