Saint-Pierre : Bien qu'il pense sa copine enceinte, il n'hésite pas à lui taper dessus

Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre a jugé mardi 17 mars une affaire de violences conjugales répétées. Derrière les nombreux épisodes de violences, c'est surtout l'emprise du prévenu sur la jeune victime qui a été exposée, ainsi que les regrets du parquet pour des erreurs dans ce dossier. Il a été condamné à 18 mois de prison, dont 8 avec sursis.
Le 1er novembre 2024, une femme se présente au commissariat de Saint-Pierre pour signaler les violences dont sa sœur est victime. Le week-end précédent, elle avait organisé une soirée chez elle. Sa sœur Léa* s'amuse sur la piste avec des amis, ce qui agace Ricardo B., son compagnon. Le couple va à l'extérieur et il lui donne plusieurs coups de poing au visage. Elle préfère alors qu'ils quittent la soirée, parce que Ricardo veut en découdre avec les autres hommes. Sa famille constatera les dégâts sur son visage le lendemain.
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Lors de son audition, elle va évoquer une scène de violences qui a eu lieu en août 2023. Ce jour-là, le jeune homme va la frapper au visage dans la voiture. Elle va alors avouer qu'elle lui a mis une claque. Pour ces faits, ils ont été jugés pour violences réciproques en composition pénale. Une erreur judiciaire qui a permis à Ricardo d'asseoir son emprise sur elle, en lui expliquant qu'elle est aussi responsable que lui, puisqu'elle a été condamnée elle aussi.
La prise de conscience
C'est finalement l'épisode du 28 décembre 2025 qui déclenchera une prise de conscience chez elle. Ricardo lui fait une nouvelle crise de jalousie pour des SMS reçus d'un homme alors qu'il conduit. Il la menace de l'abandonner sur le bord du chemin, avant de l'insulter et de la frapper. Il va la menacer de mort en disant : “ta mère et toi allez crever parce que t'es une pute.”
Cela alors même qu'il pensait qu'elle était enceinte. La jeune femme était effectivement enceinte, mais s'était fait avorter un mois auparavant, car elle avait pris conscience de ne pas vouloir d'enfant avec lui. Bien sûr, elle ne lui avait pas dit, par peur.
Néanmoins, Ricardo va voir ses envies de paternité comblées puisqu'une autre femme est enceinte de lui. Nul doute que c'est pour s'occuper de sa nouvelle compagne qu'il n'a pas pu être présent à son procès.
Une alerte non repérée par la justice
“Elle pense profondément que c'est sa faute car elle a parlé à d'autres hommes. C'est dire le niveau d'emprise. Dans les trois dossiers, la victime n'a pas été protégée comme il faut. Elle avoue une claque et le résultat, c'est une composition pénale pour les deux. Donc pourquoi il arrêterait ? Elle se remet avec lui parce que la justice lui a dit que c'était aussi sa faute”, argue Me Florance Journiac, qui demande 3.000 euros pour le préjudice moral.
“C'est compliqué de protéger ceux qui ne veulent pas l'être. Effectivement, on est passé à côté de quelque chose. Mais c'est difficile de prononcer une interdiction de contact quand on sait qu'elle ne sera pas respectée. Pour les faits de novembre 2025, il aurait mérité d'être présenté à un juge”, regrette la procureure. Elle requiert donc une peine de 18 mois de prison, dont huit avec sursis.
Le tribunal va suivre les réquisitions et le condamner à verser 1.000 euros pour le préjudice moral. Il a également interdiction de paraître à son domicile et d'entrer en contact avec elle.
*Prénom d'emprunt


