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"Je préfère tuer qu’être un pédophile" : les réponses déroutantes d’Abraham Bomela durant son premier interrogatoire devant la cour d’assises

Ecrit par Gignoux Sébastien – le mardi 17 février 2026 à 18H12

Interrogé par la cour sur les assassinats de la petite Lorane et de sa mère Edith le 28 octobre 2023 à La Possession, Abraham Bomela continue d’assumer les faits sans une once de regret. "Si c’était à refaire, je referais pareil" a-t-il notamment confirmé.

Crâne rasé, regard sombre mais attitude globalement coopérative, l’accusé Abraham Bomela s’est pour la première fois exprimé longuement devant la cour d’assises mardi 17 février.

Interrogé sur la première série de faits qui lui sont reprochés, le 28 octobre 2023 à la maison du 65, chemin Bœuf Mort, le Possessionnais de 41 ans est resté fidèle aux déclarations qu’il a pu faire durant l’enquête, assumant ses crimes sans exprimer le moindre regret.

Lire aussi : Le procès du "périple meurtrier" d’Abraham Bomela à La Possession

"J'avais dit que je ne voulais pas d'enfant à la maison"

"J’avais dit à ma mère que je ne voulais pas d’enfant à la maison. Je l’avais dit aux parents aussi mais ils m’ont ignoré" accuse d’emblée le suspect, rejetant la faute sur ceux qui l’ont "mis dans cette situation".

"Aujourd’hui ils souffrent", dit-il en parlant des parents de la fillette, "mais j’avais dit plusieurs fois d’enlever cette enfant de la maison", lâche-t-il avec froideur.

Car s’il a frappé la petite Lorane, 5 ans, d’une quinzaine de coups de couteau ce 28 octobre 2023, c’était pour s’éviter la tentation d’avoir une relation sexuelle avec sa petite cousine.

"Un pédophile, c'est la honte"

"J’ai préféré tuer qu’être un pédophile. Un pédophile, c’est la honte et ça ne porte pas chance" lâche-t-il devant des jurés médusés. "Quand je l’ai vue ce matin-là, ça m’a énervé. J’ai pris les couteaux et je suis sorti. Je lui ai dit de partir mais elle n’a pas voulu."

L’accusé ne se fait pas prier pour mimer à grands gestes les coups de couteau en direction de la petite fille, puis de sa maman venue s’interposer. "Elle m’a dit de ne pas faire ça, ça m’a énervé encore plus. Je me suis souvenu de quand elle m’a envoyé à l’asile", précise Abraham Boméla.

"On m'a forcé à tuer ma mère"

"Après, j’étais encore plus en colère parce qu’on m’a forcé à tuer ma mère" livre encore l’accusé dans une confession déroutante.

Il conteste toutefois avoir voulu s’en prendre à son voisin et cousin alerté par les cris. Alors qu’il est accusé d’avoir pointé le couteau vers lui puis tenté de le percuter avec sa voiture, il réfute. "Il est policier, il est plus fort que moi, je ne serais pas allé vers lui", justifie-t-il.

Abraham Bomela s’engage alors dans la suite de son périple meurtrier au volant de sa Twingo. "Quand j’ai tué ma mère, je savais que j’avais tout perdu, ma maison, mon auto, alors je voulais continuer à tuer" exprime-t-il. "Qu’est-ce que ça me coûterait ? J’avais déjà tout perdu", répète-t-il, assumant sans problème n’avoir "aucun regret."

"J'ai déjà entendu des voix"

"Si c’était à refaire, je referais tout pareil" dit-il encore, enfermé dans une logique qui semble n’appartenir qu’à lui-même, teintée d’un fond de mysticisme.

"J’ai déjà entendu des voix qui me disaient de faire des choses mauvaises. Tout au long de ma vie on m’a fait des sorts, pour que j’aille à l’asile, pour que je perde mon travail…" énumère-t-il, faisant part de sa croyance en "la sorcellerie" ou des "forces surnaturelles."

Une première prise de parole déconcertante, avant les auditions des autres victimes d’Abraham Bomela. Celles qui lui étaient inconnues, mais qui ont aussi payé le prix de sa rage meurtrière.

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