Indriya ravagé par un incendie : près d’un million d’euros de dégâts, 20 employés au chômage technique

Ce lundi, un violent incendie a détruit une grande partie de l’institut de beauté Indriya du Moufia, à Saint-Denis. Une première estimation chiffre les dégâts à près d’un million d’euros. Le gérant espère une réouverture partielle dans les prochaines semaines. Il remercie les nombreux messages de soutien mais annonce également vouloir porter plainte, après la diffusion de commentaires accusatoires sur des médias en ligne.
L’odeur de parfums et d’encens a laissé place à celle du brûlé. Les flammes ont ravagé une large partie de l’institut bien connu des Dionysiens, ouvert il y a 12 ans par Franck Morel et ses trois associés. Indriya compte deux établissements à Saint-Denis au sein d’une entreprise créée il y a 20 ans, déjà éprouvée par deux sinistres par le passé.
“Le premier, c’était au même endroit, ici au Moufia, six mois après l’ouverture, le 2 juin 2013 : un incendie criminel. L’auteur a été arrêté et a fait deux ans de prison. À l’époque, il y avait eu pour 125.000 euros de dégâts”, rappelle le gérant.
Un troisième "malheur" dans l'histoire d'Indriya
Le second sinistre remonte à septembre 2022, sur le site de Saint-André (depuis cédé par l’entreprise). Cette fois, l’incendie était d’origine accidentelle : “Ça s’était passé dans la nuit de samedi à dimanche. L’erreur d’une employée qui avait laissé les sèche-linges tourner : l’un d’eux a brûlé. On a été mis hors de cause, tout a été filmé, l’erreur est humaine.”

Une origine rapidement identifiée
Le dernier incendie s’est déclaré lundi : “J’ai quitté les lieux avec les employés vers 16h50, il n’y avait rien. À 17h16, on m’appelle pour me dire qu’il y a le feu.”
Selon les pompiers et les experts, le feu est parti de la machinerie de l’élévateur PMR : “Il n’y a aucun doute : le feu a pris dans l’ascenseur, accéléré par la batterie et le système hydraulique.” Des incidents sur le réseau électrique extérieur ont également été signalés.
Le gérant précise que l’appareil “avait été révisé et était conforme à la réglementation”.
Des dégâts considérables
Le préjudice atteint près d’un million d’euros. Sous l’effet de la chaleur, les climatiseurs de l’étage ont fondu. L’accueil a été durement impacté et est à refaire, ainsi qu’une partie de l’étage et le salon de coiffure.
Le gérant salue l’intervention rapide des secours : “Les pompiers ont été remarquables. Ils ont agi rapidement et avec beaucoup de courage.”
Soutiens nombreux, mais aussi des accusations infondées
Franck Morel remercie “les salariés et les nombreux commentaires d’encouragement”.
Mais il déplore certains messages, dont un qui fera l’objet d’une plainte. Ce commentaire, publié sous un article d’un média local, accuse clairement la société d’arnaque à l’assurance en mentionnant la police et la gendarmerie.
Des propos "diffamants", insupportables pour le gérant, alors que 20 salariés se retrouvent aujourd’hui au chômage technique : “Cette entreprise, c’est mon bébé. Oui, les affaires sont compliquées, comme pour beaucoup, mais on ne tue pas son bébé, on le soigne.”
Il rappelle l’histoire de la marque : “Indriya, c’est une vieille histoire. Une histoire de famille. Une entreprise créée à La Réunion le 5 avril 2005, avec trois employés. On est montés jusqu’à 50.”

Une activité fragilisée par la crise sanitaire
En “toute transparence”, le gérant explique la restructuration engagée en 2023, marquée par la vente des instituts du Sud et de l’Est :
“C’était pour mieux servir nos clients ici et nous restructurer.”
Il insiste sur le fait que les incendies n’en sont pas la cause. Le choc principal reste la crise du Covid et la perte de plus de 60 % du chiffre d’affaires : “Les salariés ont été aidés, mais nous non. On a dû contracter des prêts PGE que nous remboursons chaque mois, mais qui ne couvrent pas les pertes.”
Il affirme également la gestion rigoureuse de l’entreprise : “En 20 ans, on n’a jamais pris un centime de dividende. Tout a été réinvesti. L’argent ne nous intéresse pas.”
Une réouverture partielle espérée rapidement
L’incendie survient à un moment particulièrement difficile, à l’approche des fêtes de fin d’année et des vacances de janvier.
Une reprise partielle est toutefois espérée d'ici quelques semaines, la zone extérieure de restauration et l’espace massages ayant été épargnés.“On fera le maximum pour nos salariés et nos clients. Indriya rouvrira”, assure Franck Morel.


