Une fonctionnaire travaillant pour la police condamnée pour abus de faiblesse

Une fonctionnaire travaillant comme secrétaire dans un commissariat de l'île est condamnée pour abus de faiblesse. Elle a, sous couvert d'aider un ancien collègue à la retraite, soustrait 2.600 euros.
C'est par le biais d'une assistante sociale que le pot aux roses est découvert. Sous couvert d'aider un couple de retraités, dont le mari est un ancien de la police nationale, une secrétaire d'un commissariat est condamnée à une peine de six mois de prison avec sursis.
Les faits remontent à 2019. La prévenue approche le couple pour les aider dans leurs démarches. En effet, les deux retraités sont illettrés, et l'ex-policier souffre d'un cancer. Cependant, elle leur signale qu'un trop-perçu leur a été versé, et qu'ils doivent rembourser la somme. Elle se propose de jouer les intermédiaires pour payer en espèces la somme due.
Toutefois, elle profite de ce moment pour recevoir trois virements, d'une centaine d'euros à chaque fois. Le préjudice s'élève ainsi à 2 026 euros, mais seulement les trois virements concernent la prévention des faits, survenus du 1er septembre au 31 décembre 2019.
Une justification difficile à vérifier
La principale intéressée justifie ces virements comme ceci : elle aurait prêté de l'argent au policier retraité pour qu'il puisse s'offrir un voyage dans l'Hexagone afin de voir une partie de sa famille. Ces versements seraient donc un remboursement des sommes qu'il lui devait.
Quand le président du tribunal lui demande pourquoi la victime aurait besoin d'argent, sachant qu'il possède 48.000 euros d'épargne, la secrétaire argue qu'il ne voulait pas que ses proches sachent qu'il voyage en métropole. Comme le souligne le procureur, difficile de vérifier ces dires, sachant que l'ex-policier est depuis décédé.
Selon l'avocate des parties civiles, cet argent dérobé aurait entraîné des incidents de paiement pour leurs factures, générant une précarité relative et un stress.
Le ministère public parle d'une enquête minutieusement menée : l'analyse des données bancaires des protagonistes révèle des difficultés financières chez la prévenue, qui auraient pu motiver son passage à l'acte. Cette dernière était par ailleurs interdite bancaire en raison de chèques émis sans provision. D'ailleurs, il souligne que grâce à son poste aux ressources humaines, elle avait accès à des informations personnelles sur la victime.
Il souligne aussi qu'aucun trop-perçu d'aucun organisme n'avait été émis à l'encontre du couple de retraités durant cette période. Aussi, il requiert une amende de 5 euros par jour pendant 360 jours et une interdiction de cinq ans d'exercer dans la fonction publique. Une décision motivée par le fait qu'elle avait accès à des informations qui lui ont facilité l'infraction d'abus de faiblesse.
Pour la défense, le dossier ne comporte pas d'éléments probants
Pour la défense de sa cliente, son avocat évoque des éléments trompeurs : d'abord, l'assistante sociale ayant découvert le pot aux roses en aurait parlé… plusieurs mois avant la prévention des faits. Une incohérence existe aussi au sujet des difficultés à assurer le paiement des factures chez le couple de retraités, qui possédait 48.000 euros d'épargne.
La robe noire réitère la version de sa cliente, selon laquelle celle-ci avait prêté de l'argent à l'ancien policier. Aucun élément, selon lui, ne caractérise l'infraction d'abus de faiblesse.
Le tribunal a tranché, condamnant la secrétaire à une peine de six mois de prison avec sursis et une obligation d'indemniser la famille des victimes à hauteur de 1 000 euros.


