Salazie : Sidoleine Papaya lance sa campagne au côté de Cyrille Melchior et de Jeannick Atchapa

La maire sortante a officiellement déclaré sa candidature ce samedi, entourée de plus de 300 sympathisants, de Jeannick Atchapa et de Cyrille Melchior.
C’est depuis le restaurant du Petit Bambou, situé en face de la mairie, que Sidoleine Papaya a officiellement lancé sa campagne ce samedi. L’endroit est symbolique : c’est de là que Stéphane Fouassin a lancé toutes ses campagnes au cours des 25 ans durant lesquels il est resté à la tête de la commune, avec notamment à ses côtés Sidoleine Papaya.
« L’équipe est la même, je parle de l’équipe de militants », commente à ce sujet la maire sortante, désormais candidate officielle aux municipales.
Si l’ancien maire n’était pas présent, plus de 300 militants, selon l’organisation, ont fait le déplacement, ainsi que deux soutiens politiques de poids : le président du Département, Cyrille Melchior – présent malgré le lancement de sa propre campagne ce matin à Saint-Paul – et le maire de Bras-Panon, Jeannick Atchapa, conseiller départemental élu en binôme avec Sidoleine Papaya.
Une sorte de démonstration de force : les présidents des différents groupements d'agriculture étaient présents, ainsi que des présidents d'association ou encore le docteur Fonlupt.
Une “fille du cirque” attachée à ses racines
La candidate a d’abord rappelé son parcours : « On m’appelle la fille du cirque, j’ai toujours été salazienne, l’héritage d’une histoire familiale qui a toujours vécu et travaillé à Salazie, une histoire qui remonte aux premiers colons. »
Elle se dit « très attachée à mon histoire, c’est ce qui me permet d’être ce que je suis, à cette culture transmise de génération en génération. Une identité oubliée, trop longtemps mise de côté. On montait à Salazie mais on ne voyait pas les Salaziens. C’est tout le travail sur la valorisation de l’identité salazienne, car c’est la plus belle, car nous sommes le cœur de l’île de La Réunion. On a cet amour qui fait que nous arrivons à surmonter toutes les épreuves et tous les défis. »

Un parcours professionnel précoce
Professionnellement, elle commence très jeune à prendre des responsabilités, dès l'âge de 18 ans, au sein de l’entreprise Transalaze : « Au départ une entreprise touristique qui a évolué en SARL avec des regroupements de taxiteurs, dont mon père, autour du transport touristique et de lignes régulières dans le transport scolaire, en démarrant de rien. »
Elle y a travaillé 23 ans, comme gérante puis comme technicienne d’exploitation, « pour éviter les conflits en entrant dans le monde politique. » Elle a démissionné de son poste depuis qu’elle a été élue conseillère départementale en 2021 « pour me consacrer à temps plein à Salazie. »
“Un chemin tracé” vers la politique
La politique était pour elle un « chemin tracé. J’avais l’exemple de mon père qui m’évoquait l’importance de participer à la vie de la société sur Salazie. » Ce dernier fut d’ailleurs candidat en 1998, puis élu dans l’opposition.
« J’avais envie d’apporter autre chose » et de m’engager pour ma commune, poursuit-elle. En 2014, elle rejoint Stéphane Fouassin, dont elle devient la 3ᵉ adjointe.

Une succession “logique”
Qu’est-ce qui lui a donné envie de devenir maire après la démission de Stéphane Fouassin, devenu sénateur en 2023 ? « C’était une logique, j’étais la première adjointe, en légitimité je me suis présentée. Je n’ai jamais abandonné, j’ai toujours été dans une lutte persistante tout au long de ma carrière. »
À ses côtés, on retrouve notamment l’autre candidat au fauteuil de maire en 2023, Mario Moreau, aujourd’hui directeur de campagne. « Nous avons toujours su garder nos valeurs, c’est important les valeurs, le respect mutuel », commente la candidate.
Il sera sur sa liste, « comme ceux qui m’ont soutenue dans les périodes de crise, ceux qui ont respecté leurs engagements face à la population, ceux qui ont un résultat. »
Les démissions d’élus : “Pour moitié ils sont revenus”
Une référence à la démission brutale d’une partie de son équipe municipale. Des départs auxquels elle ne s’attendait pas : « Ils ne sont jamais venus me voir, on n’a eu aucune discussion, alors que j’ai toujours été dans le dialogue, à l’écoute pour les accompagner du mieux que je pouvais. »
C’est dans les médias qu’elle a appris ces départs. En réponse, elle dénonce « un manque de respect. Mais ils ne m’ont pas forcément déçue, parce qu’ils s’étaient engagés non pas vis-à-vis du maire, mais de la population. Ils n’ont pas respecté leur engagement. »
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Depuis, elle indique que « pour moitié, ils sont revenus me dire qu’ils ont été manipulés et qu’ils regrettaient. » Elle confirme avoir son quorum.

Stéphane Fouassin : “J’ai toujours été fidèle”
Quelle est sa réaction vis-à-vis de Stéphane Fouassin, qui devrait soutenir un autre candidat dans cette campagne et a été critiqué sur son action ? « Jean-Paul Virapoullé avait parlé du flux et du reflux en politique. Avec les hauts et les bas, mes convictions sont au-dessus de mes émotions. J’ai toujours été loyale envers lui. Mais les vrais sujets, ce n’est pas ça : ce sont les gens qui ne s’en sortent plus. Mon but, c’est de porter un projet pour ce territoire. »
Comme lors de l’inauguration de la piscine Stéphane-Fouassin, Cyrille Melchior a de nouveau appelé à une union entre l’ancien maire – son « ami » – et celle qui lui a succédé.
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“Mes engagements sont au-dessus de mes sentiments”
Est-ce que cette situation l’a renforcée dans sa détermination ? « Ça m’a attristée de voir qu’on avait tenté d’enlever leur dignité. Moi, ma conviction est restée intacte. Mes engagements sont au-dessus de mes sentiments. »
“Nous avons réalisé 80% de nos projets”
Comment juge-t-elle son bilan, depuis octobre 2023 ? « C’est le bilan d’une équipe, positif. Nous avons pu mener 80 % des projets au bout. Beaucoup de choses ont été initiées dans les domaines de l’habitat, de l’action sociale, du cadre de vie ou de la jeunesse. »
Malgré un mandat court (elle a été élue au sein du conseil le 14 octobre 2023), elle estime avoir fait ses preuves, « malgré deux gros cyclones, des feux de forêt, des crashs d’hélicoptère et des sécheresses inédites. Je crois en ce territoire, j’ai envie d’apporter toute mon énergie pour trouver des solutions. Salazie doit trouver sa juste place, au niveau de l’emploi, de l’habitat, de toutes les problématiques. On doit retrouver notre place. »

L’eau, un sujet central
« C’est un sujet que nous avons toujours pris à bras-le-corps me concernant. Depuis mon élection au Département, nous avons pu mettre en place un projet d’irrigation de 23 millions d’euros, un projet suivi régulièrement pour respecter la chronologie, avec des travaux prévus en 2027 pour une livraison en 2028, ce qui permettra de soulager la ressource. »
Ce nouveau réseau est prévu par îlet (Mare-à-Martin, Mare-à-Vieille-Place et Mare-à-Citron) et sera renforcé par la création d’une retenue collinaire de 100 000 m³ à la Mare-à-Martin. Le réseau agricole sera alimenté par sa propre ressource.
La candidate met également en avant la mise en place d’un captage de « secours » dans le secteur Nord en période de sécheresse (en attente du feu vert des autorités), la mobilisation et la connexion de nouvelles ressources (Pont de Chien, marché lancé en 2026 ; Cayenne – eau du basculement – étude en cours) et la sécurisation de l’alimentation sur la partie Sud (création d’une station de surpression et réfection du captage de Bellevue).
Concernant la distribution de citernes et de récupérateurs d’eau, « pour viser l’autonomie énergétique afin que Salazie devienne un cirque à énergie positive », les marchés sont en cours, précise la maire sortante. « Le tout sur une liste de foyers les plus impactés fournie par la Cise », intervient Mario Moreau.
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Une stratégie de “croissance verte”
La candidate met aussi en avant plusieurs projets économiques et de « croissance verte » : un projet de carrière dans le secteur de Fleur-Jaune, la remise en service de la station de traitement de Camp Pierrot pour la production d’un fertilisant organique, le projet de centrale géothermique porté par Albioma, ou encore la mise en œuvre d’un plan d’action foncier pour créer trois zones d’activités économiques à Mare-à-Citron, Mare-à-Vieille-Place et Hell-Bourg.
Vers une meilleure accessibilité
Concernant la problématique des coupures de route à Salazie, « on a mis en place une procédure interservices : si la route est toujours coupée au bout de deux heures, c’est l’État qui prend le relais. Une étude est aussi en cours pour nous proposer des mesures alternatives de mobilité : ce sera soit de nouveaux tracés, des demi-tunnels ou des transports par câble. »
Un projet de territoire
Son projet ? « Il sera basé sur le projet de territoire déjà en main, qui nous permet d’avoir une stratégie, une feuille de route de résilience bien définie, avec 14 priorités et 100 actions réalistes et réalisables. »
Sidoleine Papaya est désormais officiellement en campagne.


