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Saint-Denis : Gaëlle Lebon dénonce « un plan d'expulsions massives » à la SIDR, qui conteste

Ecrit par T.L. – le mercredi 22 octobre 2025 à 19H08

Très active sur le terrain, la probable candidate aux municipales Gaëlle Lebon affirme que la SIDR procéderait à des expulsions massives dans son parc de logements sociaux, ce que conteste le bailleur. La présidente de l'Assemblée citoyenne entend empêcher l'expulsion d'une habitante du Chaudron prévue ce jeudi.

Après s'être imposée comme la porte-parole des habitants sinistrés de l'après Garance dans le quartier de la Colline à Saint-Denis, Gaëlle Lebon semble faire de la lutte contre les expulsions son cheval de bataille. Rien à voir avec la situation des habitants de la Colline, installés en zone rouge et menacés par les crues de la rivière voisine : cette fois, l'ancienne candidate RN (puis Reconquête) aux législatives dénonce des expulsions dans les logements sociaux de la SIDR.

Mardi 21 octobre, sur sa page Facebook, elle a publié un communiqué affirmant qu'un « plan d'expulsions massives sans médiation est en train d'être orchestré à Saint-Denis » par la SIDR. La présidente du mouvement l'Assemblée dionysienne, qui entend rassembler la droite à Saint-Denis pour les municipales de mars prochain, fait valoir être sollicitée depuis jours par des familles expulsées de leur logement social.

Lire aussi : Faute de logement, il dépose tous ses meubles devant une agence de la SIDR

Dans une virulente lettre ouverte adressée au président du Département Cyrille Melchior, nouveau patron de la droite réunionnaise, Gaëlle Lebon assure que des « centaines de familles réunionnaises vivent dans la peur d'être expulsées par la SIDR » et évoque le cas d'une « famille de sept enfants expulsée » le jour-même à Bellepierre.

Une femme expulsée de sa case à terre au Chaudron ce jeudi

Sollicitée, la SIDR confirme l'expulsion de locataires d'un logement social à Bellepierre, sans toutefois préciser la composition familiale, ni entrer dans les détails de la procédure. « La dame était locataire depuis 2012 et avait contracté une dette très importante. Quand un locataire arrête de payer son loyer, son allocation logement est coupée par la CAF et sa dette s'accumule », relève la SIDR, qui assure que toutes les procédures de médiation et d'échéancier de paiement ont été mises en œuvre.

En vain, selon le bailleur social, qui déplore « plusieurs opportunités de régularisation » non saisies. « Si en plus ce locataire a des comportements problématiques, avec des nuisances, c'est compliqué », appuie encore la SIDR, qui nous communique ces chiffres :

  • La SIDR gère un parc de 27.200 logements sur l’île.
  • En 2024, 281 jugements d’expulsion ont été prononcés. En 2023, 312 jugements ont été prononcés.
  • Sur ces jugements prononcés en 2024 ou les années précédentes, 60 expulsions ont été effectivement réalisées en 2024, soit 0,22% du parc (en 2023, 72 expulsions ont été réalisées).

Ce jeudi 23 octobre, c'est cette fois une femme seule, une mère d'un enfant résidant dans une case à terre de la SIDR au Chaudron, qui doit faire l'objet d'une mesure d'expulsion. La fin d'une longue procédure administrative selon le bailleur social.

Des expulsions motivées par des décisions de justice

« La cour d'appel a confirmé la décision d'expulsion, c'est une dame qui souhaite occuper un logement qu'elle ne peut pas conserver : elle a demandé le transfert de bail d'une personne sans lien de parenté directe avec elle. Le bailleur exécute une décision : on est très contrôlé, si le transfert de bail n'a pas pu se faire, c'est parce qu'il ne répondait pas aux dispositions légales », résume la SIDR.

Selon Gaëlle Lebon, qui indique avoir pris un avocat pour tenter d'empêcher la procédure, la résidente de la case du Chaudron poussée à la rue n'a pas réussi à faire la preuve de sa parenté avec la titulaire du bail, une tante par alliance décédée en 2009. « Ce que je dénonce, ce n'est pas la décision de justice, c'est l'absence de la médiation et le manque de considération. Le motif, c'est un simple transfert de bail. On lui a refusé les quittances, mais elle a toujours payé ses loyers. Pourquoi la retirer de cette case à terre avec deux chambres pour la mettre dans un appartement avec deux chambres  ? », interroge Gaëlle Lebon.

Une expulsion à visée politique, selon Gaëlle Lebon

Selon la candidate annoncée aux municipales, qui refuse d'être qualifiée d'extrême-droite, la SIDR procéderait à une expulsion à visée politique, puisque la locataire aurait été par le passé la colistière d'un candidat de droite. « J'ai des sources de la police qui me disent qu'en ce moment, les expulsions il n'y a que cela. Cela confirme bien qu'il y a une campagne », accuse-t-elle.

La SIDR, pour sa part, récuse toute accélération des expulsions en raison de l'approche de la saison cyclonique, arguant que ce sont les décisions de justice qui dictent le calendrier en la matière. Sollicité, le président du comité DAL 974 (Droit au logement), Jean-Yves Sinimalé, affirme qu'aucune réunion de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX) ne s'est tenue « depuis deux ou trois ans » dans le Nord de l'île, alors que l'instance fonctionnerait normalement dans les autres arrondissements de la préfecture de La Réunion.

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