Les conseils d’un médecin et ex-raideur dans la dernière ligne droite du Grand Raid

Alimentation, entraînement, mental, tout doit être étudié pour que les coureurs du Grand-Raid puissent réussir avec mention les objectifs qu’ils se sont fixés. Spécialiste en médecine du sport et grand raideur à une dizaine de reprises, Philippe de Chazournes énumère les détails qui peuvent faire la différence le jour J.
La préparation physique
A quelques jours du départ, la priorité est au repos. "En ce qui concerne la préparation, elle est différente pour chacun. Cela dépend si le coureur ambitionne de terminer dans les premiers, en milieu de classement, ou simplement de terminer l’épreuve. Mais il faut absolument se reposer. On peut éventuellement faire quelques footings. Pas de trail", insiste le professionnel.
Il est donc déconseillé de s’entraîner peu de temps avant le départ pour les courses de montagne car celles-ci sollicitent beaucoup les articulations. Chevilles et genoux sont parmi les parties du corps les plus fragilisées dans de ce type d’épreuve. A long terme, trop d’effort peut conduire à la destruction du cartilage et nécessiter plus tard une opération.
Bien manger, bien boire
Dès aujourd’hui et jusqu’à jeudi, une alimentation variée et riche en féculents, comme les pommes de terre, le riz, les pâtes ou encore les grains, s’impose. Sur place, la bouteille d’eau est la meilleure amie des coureurs. De son expérience de terrain, le Dr Chazournes retient que "les bouteilles sont lourdes à transporter et les coureurs ne s’hydratent pas assez". Or, si les raideurs ne veulent pas frôler l’insuffisance rénale, ils ont tout intérêt à boire en quantité.
Autre initiative à proscrire, sauf prescription médicale, la prise de médicaments. "Qu’il s’agisse de stimulants, d’anti-inflammatoires et selon la quantité absorbée, de paracétamol, les médicaments peuvent être très mauvais pour les reins et l’estomac sur un corps déshydraté", précise le médecin du sport. Et comme le Grand Raid peut particulièrement tirer sur le corps, il préconise de se forcer à beaucoup boire d’eau, également durant les jours qui suivent l’effort, et ce "jusqu’à ce que les urines soient claires", signe que les reins font bien leur travail.
Préparer son sac
Quitte à se préparer de longues semaines avant d’affronter les sentiers escarpés de la Diagonale des fous, de jour, comme de nuit, autant ne pas négliger la préparation du sac. A commencer par ses vêtements. Avant toute chose, il faut se sentir "à l’aise", résume Dr Chazournes. Préférez au neuf, des chaussures, des chaussettes et des sous-vêtements déjà utilisés, principalement pour "éviter le frottement des coutures".
Les lanières des sacs peuvent également occasionner des brûlures, plus spécifiquement "au niveau des cuisses et des mamelons". Aussi, il faudra veiller à ne pas trop se charger, tout en n’oubliant pas les indispensables, casquette pour se protéger du soleil, éclairage pour la nuit et ravitaillement en nourriture et boissons.
Cela semble bien logique mais il peut être utile de le rappeler, avant d’entamer un trail dont la difficulté n’est plus à débattre, le premier objectif à se fixer pour le Grand Raid, "c’est de terminer en bon état", souligne le docteur Philippe De Chazournes. Car si le but de la majorité des coureurs est d’arriver au bout de l’étape, il serait dommage que l'enjeu de la course ne se fasse aux dépens de la santé...



