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Les magasins Gamm Vert du Nord et de l’Est vont fermer leurs portes début novembre

Ecrit par Julien Delarue – le jeudi 21 août 2025 à 15H08

Un peu moins d'un an après leur reprise à la barre du tribunal de commerce de Saint-Denis, les trois enseignes de Sainte-Suzanne, Saint-André et Sainte-Rose vont définitivement cesser leur activité le 2 novembre. Dix-neuf salariés sont concernés par un licenciement économique. Seul le magasin de Sainte-Suzanne pourrait être repris par un acteur local.

La tentative de relance aura été de courte durée, mais elle illustre aussi les fragilités du modèle coopératif agricole à La Réunion. En octobre 2024, les magasins Gamm Vert du Nord et de l’Est étaient repris par l’Urcoopa, via sa filiale Botanik (appartenant à 100% à la Soficoop), dans le cadre du redressement judiciaire de la Coopérative agricole du Nord-Est (CANE). L’objectif affiché alors était clair : sauver des emplois et redonner une perspective commerciale à ces enseignes de jardinerie et d’animalerie, qui avaient accumulé les difficultés. Un an plus tard, la décision de fermeture est tombée, confirmant une information de nos confrères du Quotidien.

Lire aussi : Reprise des magasins Gamm Vert : l'Urcoopa seule en lice, décision attendue fin octobre

« On ferme Gamm Vert », a confirmé Christian Dijoux, directeur général de l’Urcoopa, que nous avons joint par téléphone. Les trois magasins de Sainte-Rose, Saint-André et Sainte-Suzanne cesseront définitivement leur activité début novembre. Dix-neuf salariés ont reçu leur notification de licenciement économique. « Malheureusement, le secteur n’est pas en bonne santé avec une perte comprise entre 2 à 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires que celui prévu initialement. Dans ce contexte, il n’était pas question de poursuivre une activité déficitaire », explique-t-il.

Sainte-Suzanne, dernier espoir de reprise

Réunis le 19 août, les salariés ont été informés de la cessation d’activité. Depuis, la direction s’efforce de préparer les suites sociales, en lien avec la Direction du travail, afin que les licenciements économiques interviennent début novembre. « Nous avons voulu être transparents, plutôt que de repousser l’échéance, afin que la reprise éventuelle puisse se faire dans de bonnes conditions », ajoute Christian Dijoux.

Si les magasins de Saint-André et Sainte-Rose fermeront définitivement, celui de Sainte-Suzanne pourrait encore intéresser un repreneur. L’Urcoopa doit lancer un appel à offres et privilégierait une reprise par des sociétés partenaires du groupe, comme la Sicalait, qui exploite l’enseigne Fermes et Jardins, ou Terracoop, gestionnaire des Gamm Vert du Sud-Ouest de l’île. Mais d’autres acteurs privés pourraient également se positionner. « Nous retiendrons la meilleure offre, quelle qu’elle soit », précise la direction.

Seul le magasin Gamm Vert de Sainte-Suzanne est à vendre.

Un climat social déjà fragilisé

Pour les salariés, cette fermeture a le goût amer d’un échec annoncé. L’opération de sauvetage menée en 2024, après le retrait de Jardicane, en redressement judiciaire, n’aura pas suffi à redresser l’activité. Depuis plusieurs années, le climat social au sein du secteur agricole est marqué par des tensions. La CANE, propriétaire des murs des magasins de Sainte-Rose et de Saint-André, traverse elle-même des difficultés. Récemment, le tribunal de commerce avait accordé une troisième période d'observation à la Coopérative agricole du Nord-Est. Après la vente des magasins Gamm Vert, la CANE espère finaliser un plan de continuation d'ici octobre, malgré un passif encore lourd et des licenciements économiques en cours.

Lire aussi : Six mois de répit pour la CANE, en quête d’un plan de redressement viable

La fin des Gamm Vert du Nord et de l’Est illustre plus largement la fragilité d’un modèle économique confronté à l’érosion du pouvoir d’achat des ménages et à la concurrence d’enseignes spécialisées ou de la grande distribution. Dans ce contexte, l’Urcoopa n’a pas souhaité poursuivre cette activité jugée trop déficitaire.

Novembre marquera donc la fin d’une histoire déjà mouvementée, entre redressement judiciaire, reprise in extremis et tentative de relance. Pour les salariés, c’est une nouvelle incertitude qui s’ouvre, alors que la recherche d’un repreneur pour Sainte-Suzanne se poursuit.

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