Le Trésor public prépare la fin des paiements par chèque d’ici 2027

La direction générale des finances publiques envisage la suppression progressive du chèque dans les paiements aux services de l’État. Une évolution qui pourrait aboutir à la fermeture du dernier centre d’encaissement à Rennes d’ici 2027.
Le chèque s’apprête à disparaître des paiements administratifs. C’est ce qu’a confirmé début juillet 2025 Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques, lors d’une réunion avec les syndicats. Si aucune échéance n’a été officiellement actée, la direction de Bercy assume désormais clairement sa volonté de tourner la page de ce moyen de paiement dans les années à venir. De nouveaux rendez-vous sont prévus à l’automne pour poursuivre cette transition, qui pourrait aboutir à la fermeture du centre de Rennes, dernier à traiter les chèques pour l’administration.
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Cette décision s’appuie sur une tendance de fond : en dix ans, l’usage du chèque par les contribuables a chuté de 72 %. Depuis 2019, il est d’ailleurs interdit de payer ses impôts par chèque au-delà de 300 euros. Dans ce contexte, le maintien d’une infrastructure dédiée n’est plus jugé rentable. Plusieurs centres ont déjà fermé en 2023, à Lille et à Créteil, et leurs activités ont été transférées à un prestataire privé dans le cadre du marché dit “Mach23”.
Un désintérêt national… et européen
La France reste l’un des derniers pays européens à utiliser massivement ce mode de règlement : 88 % des chèques émis dans l’Union européenne proviennent du pays. Pourtant, en 2024, leur part ne représente plus que 2,4 % des paiements scripturaux, contre plus de 20 % en 2007. À titre de comparaison, des pays comme la Suède ou le Danemark ont déjà supprimé le chèque depuis plusieurs années.
Pour accompagner cette transition, les administrations mettent en avant plusieurs alternatives : virements instantanés, paiements en ligne via les portails publics, prélèvements automatiques pour les impôts récurrents, ou encore paiements en espèces auprès des centres publics et buralistes partenaires.
Des raisons économiques et sécuritaires
Les enjeux sont à la fois économiques et sécuritaires. Le traitement des chèques nécessite encore de nombreuses manipulations manuelles, coûteuses et sujettes à erreur. Il constitue aussi une porte d’entrée importante pour la fraude. En 2023, celle-ci a représenté 364 millions d’euros, un record en proportion malgré un recul global. Le gouvernement souhaite donc moderniser les services et accélérer leur dématérialisation.
Mais cette réforme suscite également des inquiétudes. Les syndicats redoutent la suppression d’une cinquantaine de postes au centre de Rennes et réclament des garanties sur le reclassement des agents. Du côté des usagers, certaines associations pointent le risque d’exclusion numérique, notamment pour les personnes âgées ou peu familiarisées avec les outils en ligne.
Le calendrier précis reste à confirmer, mais les grandes lignes se dessinent : poursuite des discussions syndicales à l’automne 2025, possible fermeture du centre de Rennes en 2027 et fin complète des paiements par chèque dans l’administration à l’horizon 2030.


