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La Région vante sa "trajectoire financière maîtrisée dans un contexte de dégradation exceptionnelle"

Ecrit par Thierry Lauret – le jeudi 26 juin 2025 à 20H20

À l’occasion du vote du compte administratif 2024, la Région a insisté sur le défi qu’a représenté le redressement des finances de la collectivité, l’une des rares de France désormais à dégager une capacité de financement. Patrick Lebreton a fait valoir un taux de réalisation de 92 %, dont 88 % en investissement.

Avec des recettes en hausse à 654 millions d’euros (contre 627 millions en 2023), 328 millions d’euros d’investissements réalisés et un encours de dette désormais maîtrisé à 7,1 ans, la Région Réunion et ses 2.900 agents seraient désormais sur de bons rails. C’est ce qu’a soutenu le premier vice-président Patrick Lebreton, ce jeudi 26 juin, lors du vote du compte administratif de l’exercice 2024.

Un compte fidèle au budget présenté par la collectivité, a-t-il insisté, en précisant que la hausse des charges de fonctionnement (+9,6 %) était principalement imputable à des hausses de salaires décidées par l’État. « Une trajectoire financière maîtrisée dans un contexte de dégradation exceptionnelle de la situation financière de la France », ajoute la Région, en soulignant une baisse de 1,2 million d’euros du fonds de soutien à l’apprentissage, ou encore le recul des produits de la fiscalité locale (cartes grises, carburant, alcool) et nationale (TVA).

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L’épargne nette se monte à 84 millions d’euros (46 millions d’euros en 2020) et la hausse des recettes de la FCTVA (+17 %) est présentée comme la preuve des gros investissements réalisés. Les grands chantiers de la mandature, comme les lycées de la mer et du tourisme, le nouveau réseau Car Jaune ou les contournantes de Saint-Joseph et de Saint-Benoît, font figure de cap pour le reste de la mandature.

La Région a tourné le dos à « la stratégie financière du tout emprunt »

« Il nous a fallu reconstruire, redresser les finances régionales. La stratégie financière du tout emprunt a été abandonnée au profit de la maîtrise des dépenses de fonctionnement, permettant, avec un niveau de recettes en augmentation, de retomber à un bon niveau d’épargne brute. Malgré un contexte incertain, avec le contentieux de la NRL et le sauvetage d’Air Austral, pour ne citer que ces deux faits », relève Patrick Lebreton.

Le budget de la Région pèserait ainsi avec plus d’efficacité sur l’économie locale, avec « 1,254 milliard d’euros injectés en 2024 au profit du territoire et de la population réunionnaise, dont 738 millions d’euros en investissement, soit 59 % de notre exécution budgétaire ». « Deux seules régions en France dégagent une capacité de financement en 2024 : La Réunion et la Guadeloupe. La sincérité budgétaire est au rendez-vous avec un taux global de réalisation de 92 %, dont 88 % en investissement. Ce compte administratif 2024 donne une image fidèle, sincère, de l’exécution du budget de la Région », martèle Patrick Lebreton.

Jean-Jacques Morel : « Tout va très bien, madame la marquise »

Une seule voix dans l’opposition s’est élevée pour contester ce bilan : celle du conseiller RN Jean-Jacques Morel, qui s’est moqué des films en 3D présentés à l’assemblée pour visualiser les projets de lycée de la mer au Port (première pierre posée en novembre prochain) et de lycée de l’hôtellerie et du tourisme à Saint-André (début des travaux annoncé au premier semestre 2026).

« Monsieur le vice-président nous dit : tout va très bien, madame la marquise, les caisses sont pleines. Bravo. Et c’est vrai que la Région a beaucoup d’argent. Aucun emprunt ? Mais c’est là que c’est inquiétant, ça veut dire aucun projet, rien sur les grands chantiers », lui rétorque Jean-Jacques Morel, en accusant la Région d’être complice de la situation de récession économique qui touche les entreprises de l’île.

« La NRL, on nous a beaucoup critiqués, la précédente majorité, mais ce projet était compliqué. Avec le tiers de digue qu’il restait à faire, il pouvait être achevé trois fois plus vite et deux fois moins cher. Les chiffres sont têtus : le taux de chômage en 2025 ? On va flirter avec les 19 %, plus 6 % en un an. 154.000 chômeurs toutes catégories confondues. Taux de défaillance des entreprises ? +29 % entre 2023 et 2024. Il y a 1.100 PME qui ont disparu », énumère ainsi le conseiller d’opposition.

Une « démonstration caricaturale », selon Patrick Lebreton, qui ajoute qu’il « n’y a pas beaucoup de pays où on a dépensé 1,6 milliard d’euros pour faire 65 % d’une route qui finit dans la mer. C’est votre grande réussite. » L'opposition s'est abstenue sur le vote du compte administratif et Michel Vergoz, lui, est resté silencieux durant les débats, un fait assez rare depuis le début de la mandature pour être souligné.

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