Le Port : il passe par le balcon et vole une télé, le tout à presque 2 g/l d'alcool dans le sang

Un homme de 46 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis ce lundi 2 juin pour des faits de vol. Si les faits sont plutôt simples, le contexte de cette affaire apparait pour le moins insolite.
Nous sommes le 30 mai dernier au Port. Il est 19 heures lorsque la police est appelée pour un vol. En fait, les habitants d'un immeuble aperçoivent un homme sur un balcon du 3ᵉ étage avec, à sa taille, une télévision accrochée. Il s'agit d'Arsène A. qui vit dans cet immeuble au 2ᵉ. Fortement alcoolisé, il a décidé de se rendre chez son voisin absent et qu'il connait très bien, car il lui reproche d'avoir gardé son téléphone. N'écoutant que son courage, et sachant que la baie vitrée ne ferme pas, il monte par l'extérieur pour récupérer son précieux sésame. Ne trouvant pas son smartphone, il décide de partir avec la télévision accrochée à sa taille et toujours par le balcon.
Il est testé à 1,86 g/l d'alcool dans le sang
La police arrive, se rend chez lui et trouve la télévision, cachée dans la salle de bain. Il est testé à 1,86 g/l d'alcool dans le sang. La suite est simple : garde à vue, déferrement et jugement en comparution immédiate ce lundi après deux jours à Domenjod. À la barre, il reconnait "ne pas avoir réfléchi" et admet qu'il aurait pu "se tuer en tombant". Il indique qu'il voulait absolument "récupérer son téléphone", car c'est son seul moyen de "regarder la télévision". Interrogée, la victime reconnaît avoir gardé le smartphone à la demande du prévenu parce qu'il avait trop bu et avait peur de le perdre. Il affirme avec certitude lui avoir rendu et ne comprend pas sa réaction.
Si les faits sont simples et reconnus, là où le bât blesse pour Arsène A., ce sont ses antécédents judiciaires. Son casier fait état de 10 mentions. Il est par ailleurs en état de récidive pour des faits de vol en 2023 où il avait écopé d'une peine d'1 an de prison avec sursis probatoire. Il apprend à l'audience - vu qu'il ne s'était pas présenté au tribunal - qu'il a également écopé de 6 mois de prison ferme au mois de février 2025 pour port d'arme illégal et détention de stupéfiants. D'ailleurs, il reconnait être accro à la cocaïne. Son dossier indique qu'il peut dépenser toutes ses allocations pour une dose de stupéfiants. Côté alcool, "je n'ai pas de problème", indique-t-il. Sauf que son dossier indique aussi un coma éthylique récent avec plus de 4 g/l d'alcool dans le sang.
"L'incarcération me paraît être la seule vertu curative le concernant"
"La prison ça ne me va pas, je vais perdre mon appartement si j'y vais. Vous pourriez me mettre un bracelet électronique, laissez-moi une dernière chance", demande-t-il au tribunal, comprenant qu'il est au pied du mur. "L'incarcération me paraît être la seule vertu curative le concernant", fustige en réponse le procureur qui insiste sur le casier et l'état de récidive du prévenu. Le parquet requiert, à ce titre, "une peine sévère et proportionnelle" de 12 mois de prison plus la révocation de 4 mois du sursis précédent avec maintien en détention. "Il avait bu plus que de raison, ce qui explique cette prise de risque", répond la défense qui ajoute que son téléphone est "sa seule source de distraction. Il voulait juste récupérer son portable", conclut la robe noire.
Tenant compte de l'ensemble des éléments du dossier, le tribunal condamne le prévenu à 6 mois de prison avec maintien en détention et prononce la révocation de 4 mois du sursis précédent.


