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Six mois de répit pour la CANE, en quête d’un plan de redressement viable

Ecrit par J.D. – le jeudi 29 mai 2025 à 17H27
Charles Doki-Thonon, président de la CANE, Me Cheung-Ah-Seung et Romain Lucas, directeur de la CANE (photo JD).

Le tribunal de commerce a accordé une troisième période d'observation à la Coopérative agricole du Nord-Est. Après la vente de ses magasins Gamm Vert, la CANE espère finaliser un plan de continuation d'ici octobre, malgré un passif encore lourd et des licenciements économiques en cours.

La CANE (Coopérative agricole du Nord-Est) dispose de six mois supplémentaires pour tenter de sortir de l’ornière. Le tribunal de commerce de Saint-Denis a validé l’ouverture d’une troisième période d’observation exceptionnelle, dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire ouverte en mai 2024. « Cela laisse le temps de construire un plan. On avait besoin de quelques mois pour le faire », justifie Romain Lucas, directeur général de la structure.

Cette nouvelle échéance, fixée au 1er octobre, vise à élaborer un plan de continuation après plusieurs décisions lourdes. La vente des magasins Gamm Vert de Sainte-Suzanne, Saint-André et Sainte-Rose à l’Urcoopa a permis de dégager des marges de manœuvre.

Lire aussi : Reprise des magasins Gamm Vert : l'Urcoopa seule en lice, décision attendue fin octobre

En parallèle, un plan de licenciement économique a été enclenché. Treize salariés ont été concernés, dont quatre – protégés – sont encore en attente de validation par la DEETS. Une fois ce plan social finalisé, l’effectif devrait se stabiliser à 36 salariés.

« Nous avons un EBE positif, ce qui nous permet d’entrevoir des travaux d’élaboration du plan de redressement », souligne Me Cheung-Ah-Seung, avocat de la CANE, malgré un passif conséquent. La direction insiste sur la restructuration en profondeur de la coopérative, qui regroupait jusqu’ici des activités à la rentabilité très variable. « Suite à la vente des Gamm Vert, nous avons allégé les fonctions supports », poursuit le dirigeant, en évoquant une nécessaire rationalisation.

En mai 2024, la CANE, qui génère près de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires, s’était placée sous protection du tribunal. À l’époque, la nouvelle gouvernance avait acté une demande de redressement judiciaire, tant pour la holding que pour sa branche grand public, Jardicane. L’objectif : préserver le pôle professionnel agricole, en plein essor, qui regroupe quelque 2 000 agriculteurs adhérents.

Pour les responsables, il y avait urgence à stabiliser l’activité. « Il y a un problème global dans l’activité retail. Nous allons étudier toutes les propositions pour une restructuration rapide », plaidait en 2024 Me Cheung-Ah-Seung. La procédure, confiée à l’administratrice judiciaire Me De Layssardière et au mandataire judiciaire Me Bach, entre donc dans une phase décisive. Le sort de la coopérative devrait être scellé à l’automne.

Etiquettes : Tribunal de commerce

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