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Ridja : "Sambi n'est pas là en tant que président mais il vient faire de la propagande religieuse"

Cet après-midi devant le parvis des droits de l'Homme de Champ-Fleuri, à Saint-Denis, les membres du Ridja (Rassemblement des initiatives pour le développement avec la jeunesse avertie / parti d'opposition aux Comores) de la Réunion se sont rassemblés pour protester contre la venue de Ahmed Abdallah Sambi, qui n'est pas considéré à leur yeux comme le président des Comores, mais venu faire de la propagande religieuse.
Ecrit par zinfos974 – le samedi 16 avril 2011 à 18H26

Une trentaine de membres du Ridja Réunion, présidé par Saïd Larifou, sont venus exprimer leur désaccord sur la visite de Ahmed Abdallah Sambi à la Réunion. "Il n'est pas venu ici en tant que président mais il est venu faire de la propagande religieuse", explique Saïd Larifou. Devant le parvis des droits de l'Homme, "une prière" a eu lieu "pour ceux et celles qui luttent pour la démocratie". "Nous saisissons l'opportunité de la venue de Sambi pour lui dire qu'il se trouve dans un pays de liberté, de fraternité, des valeurs qu'il déteste".

Pourtant, des centaines de Comoriens s'étaient déplacés en masse pour accueillir le président, toujours au pouvoir jusqu'à fin mai et remplacé par Ikilou Dhoinine élu en décembre dernier. "Oui les Comoriens sont venus car c'est le président des Comores, c'était pour la symbolique, un enthousiasme légitime, mais ils ne cautionnent pas les déclarations de Sambi sur la Libye. Les Comoriens ne sont pas pro-Kadhafi", souligne Saïd Larifou, qui ajoute "nous soutenons l'action internationale en Libye et les peuples arabes dans la lutte pour la démocratie"

Sambi futur guide suprême ?

Il explique "la difficulté" de s'exprimer publiquement aux Comores. "La plupart des personnes présentes (ndlr : devant le parvis) sont sur liste rouge aux Comores, mais aussi à la Réunion où des pressions s'exercent", lâche-t-il, prenant comme exemple le président de la mosquée du Port, "interdit" de visite demain lors du passage de Sambi pour ses propos "sur la présence nécessaire ou pas du président à la Réunion". Il faut savoir que le président de la mosquée du Port est de confession sunnite et que Ahmed Abdallah Sambi est de confession chiite.

La plus grande "crainte" pour Saïd Larifou et de nombreux comoriens, est que le président Sambi, après avoir laissé le pouvoir à son successeur, "devienne un guide suprême". Pour appuyer ses arguments, Saïd Larifou met en avant les relations et les mêmes valeurs que partagent Sambi avec l'Iran, "des valeurs dangereuses".

"Jamais le peuple comorien ne perdra son envie de démocratie", conclut-il avant d'exhorter le nouveau président Ikilou Dhoinine de venir à la Réunion dès la passation de pouvoir, pour discuter des "relations futures" avec notre île.

 

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