Il braque un commerce au sabre, les victimes pardonnent

Alan H., 18 ans à peine, s'est fait viré de chez sa mère le 31 mai dernier et se retrouve à la rue. Le 1er juin, il se présente dans un commerce de Sainte-Suzanne cagoulé et armé d'un sabre. Le commerce vend des cigarettes et effectue des transferts de fonds. Il est tenu par un couple de personnes âgées dont le mari est cardiaque. Face à la menace et la détermination du braqueur qui pousse le mari au sol, le couple donne le fond de caisse et pour environ 7 à 800€ de cigarettes. Le braqueur s'enfuit avec la marchandise dans son sac à dos. Les gendarmes n'auront aucun mal à le repérer puisqu'il revend son butin sans se cacher quelques jours après les faits dans une cité de Sainte-Suzanne. Il est interpellé et reconnait entièrement les faits.
"J'étais dans la rue, il me fallait de l'argent. J'ai eu une mauvaise période, mais depuis, j'ai retrouvé le droit chemin", explique le prévenu à la barre. Sans casier judiciaire, le jeune homme s'excuse face à ses victimes présentes à l'audience. Contre toute attente, le couple se porte partie civile mais ne souhaite pas demander réparation. Mieux encore, le femme lui explique qu'elle accepte ses excuses parce qu'ils ont aussi un jeune fils et qu'ils le pardonnent. "Ce sont des faits criminels au départ où il encourait 20 ans de prison", fustige pour sa part le procureur. "Il est déterminé et violent ce jour-là. Ce qui choque, c'est son manque de détermination à faire autre chose qu'un braquage" , ajoute le parquet qui requiert une peine de 1 an de prison dont 6 mois de sursis probatoire ainsi qu'un mandat de dépôt.
"On doit se limiter à la prévention, rien que la prévention", répond Me Catherine Moissonnier. "Seuls des faits de vol avec arme et port d'arme illégal lui sont reprochés. Il reconnait les faits et s'en est excusé. Les faits sont graves mais finalement et heureusement sans conséquence. Il était complètement perdu et a agi sans réfléchir. Je vous demande de lui donner une chance en prononçant un sursis probatoire intégral", plaide la robe noire.
Le tribunal condamne le prévenu tout en ayant porté attention à sa défense. Il est condamné 18 mois de prison dont 12 mois assortis d'un sursis probatoire. La partie ferme est directement aménagée sous la forme d'une détention à domicile dont les modalités seront décidées par le juge d'application des peines. Il ressort libre du tribunal avant la pose de son bracelet le 5 septembre prochain.


