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Tirer les conséquences "logistiques" de l'incendie du Maïdo

Ces deux dernières semaines ont mis en lumière l'effort conséquent de tous les institutionnels concernés par l'incendie de la forêt du Maïdo. Comme tout événement de cet ampleur, des conclusions devront être tirées de la coordination des différents services. Parmi les points cruciaux évoqués ci et là, se trouvent tout d'abord le ravitaillement en eau sur un site aussi retiré que le Maïdo. En second lieu, et de façon plus étonnante, le poste nourriture a posé problème.
Ecrit par Ludovic Grondin – le mercredi 27 octobre 2010 à 14H56

Deux semaines de lutte contre le feu ont fini par révéler des points de blocage. Le nerf de la guerre contre le feu consistait en tout premier lieu dans la mise à disposition de quantités d'eau conséquentes pour les camions citernes.

Premier blocage, ces camions citernes devaient remplir leurs cuves au niveau du Parc du Maïdo, situé à environ 5km des différents points chauds et plus généralement du PC incendie. Des aller-retour incessants qui ont paralysé l'activité du Parc du Maïdo, plus connu pour son activité de luge.

 

Sur ce point précis, Christophe Pomez, maire adjoint à la mairie de Saint-Paul, rappelle que la réactivation des stations de pompage a été l'une des premières décisions prises au niveau communal, obligeant à une baisse de la pression de l'eau sur les habitations du secteur situé en aval.

De l'hébergement à la transmission radiotéléphonique, le PC incendie a dû se contenter des installations existantes

Dans le futur, l'installation de nouvelles retenues d'eau sur la couronne du Maïdo devra être envisagée, a rappelé Huguette Bello, maire de Saint-Paul, lors de la réunion de crise de la semaine dernière.

Concernant le volet hébergement des soldats du feu, le SDIS a pu compter sur la présence providentielle des murs de l'ancien Parc hôtel du Maïdo, géré depuis par la commune de Saint-Paul. "Une mise à disposition qui retardera la réhabilitation du site prévue initialement pour début 2011", souligne Christophe Pomez.

Plus anecdotique mais malgré tout importante, l'incendie a mis en lumière les limites des transmissions radiotéléphoniques vers le poste de commandement. Une solution beaucoup plus viable que le renforcement de la puissance des émetteurs de la zone devra être trouvée pour le futur.

Au-delà de l'aspect matériel, avec un apport de coffrets électriques et de ravitaillement en eau (environ 10.000 litres d'eau par jour), l'effort consenti par la commune est aussi humain. Une dizaine d'employés communaux s'est relayée chaque jour au poste de commandement et à l'hôtel du Maïdo.

La difficulté n'est pas forcément là où l'on pense

Un autre gros point de blocage résidait lui dans un aspect beaucoup plus surprenant, celui de la gestion en ravitaillement alimentaire de tous les hommes dispersés sur zone.

 

A ce titre, le lieutenant-colonel Bruno Lautret, chef de site du SDIS au PC du Maïdo, rappelle qu'au-delà de la gestion de l'incendie, l'aspect logistique a été en permanence réévalué pour une plus grande optimisation. Le gradé évoque, avec un peu de recul, que "le poste alimentaire a posé problème".

Il avoue : "la grande difficulté a résidé dans le fait que les hommes ne prenaient pas leurs repas au même moment. Cela n'a l'air de rien, mais coordonner la livraison de 300 à 400 repas par jour nous a posé beaucoup de problèmes. Les unités sont éparpillées sur de grandes distances et ravitailler en repas chaud sur les fronts d'incendie n'est pas chose aisée".

Alors qu'au début de l'incendie, ces repas provenaient exclusivement d'un traiteur privé de l'Est, ils ont été, après quatre jours, mis en balance avec une cuisine centrale d'une commune de l'île dont le nom ne nous a pas été dévoilé (ndlr : la mairie de Saint-Paul n'a pas confirmé l'information).

Le chef de site avoue, qu'à l'avenir, une méthode de ravitaillement de type militaire, avec une ration, sera la solution à envisager pour des incendies de cet ampleur.

Dans tous les cas, même sur ces aspects qui paraissent secondaires, des conclusions seront également tirées lors du prochain point d'étape prévu à la fin de l'année comme l'a confirmé le Préfet, vendredi dernier à Saint-Paul.

 

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