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Etats Généraux de l'illettrisme : Boycott des fédérations de parents d'élèves

Ecrit par zinfos974 – le lundi 25 octobre 2010 à 18H03

Il y a deux ans, jour pour jour, la Préfecture de la Réunion annonçait le chiffre de 110.000 personnes âgées de 16 à 65 ans en grandes difficultés dans les exercices simples de communication par écrit. De là, un plan d'orientation stratégique de prévention et de lutte contre l’illettrisme a été présenté. Un seul objectif : Réduire de 10% le nombre de jeunes et d’adultes en difficulté repérés à partir des évaluations et lors de l’enquête régionale de l’INSEE prévue pour 2013.

Puis, suite aux Etats généraux de l’Outre-Mer, il a été décidé de mettre en œuvre une manifestation d’envergure : les Etats Généraux de l’Illettrisme (EGILL). Parallèlement, l’Académie de La Réunion organise les Assises académiques de la Prévention de l’illettrisme, en conformité avec les orientations du ministère de l'Education nationale. Deux manifestations qui visent une réactualisation de la charte et du plan de Prévention et de lutte contre l’illettrisme pour les cinq prochaines années.

Début des Etats Généraux, 3.000 nouveaux illettrés en 2009

Ce matin, les EGILL ont débuté avec le lancement des premiers ateliers portant sur des actions de lutte contre l’illettrisme : "Repérage, orientation, motivation", "Quels changements induits par la formation 'demandeurs d’emploi et salariés d’entreprise' ?" Des ateliers qui ont tout bonnement été boycottés par la FCPE (Fédération des Conseils des Parents d’Elèves) et la PEEP (Parents d'Elèves de l'Enseignement Public) qui, d’une manière concertée, ont décidé de ne pas participer du tout aux Etats Généraux de l’Illettrisme (EGILL).

Pourquoi les représentants des parents d'élèves ont-il choisi de s'y retirer? "Au vu de la mascarade, du manque de concertation et du manque de lisibilité des différentes actions engagées", estiment les fédérations. La FCPE et la PEEP réclament  bien plus qu’un plan de lutte contre l’illettrisme mais un "devoir de réparation" aux responsables institutionnels qui se sont succédés car "depuis plus de 20 ans le nombre d’illettrés n’a pas diminué et à ce jour l’Education nationale ne remplit pas sa mission d'apprendre à lire, écrire et compter à l’ensemble des élèves tels que défini dans le Code de l’Education", écrivent-elles dans un communiqué commun.

Quel bilan de ces dernières années?

Les associations de parents d'élèves souhaitent obtenir un bilan intermédiaire des différents dispositifs mis en place ces dernières années : "Il ne suffit pas de faire un inventaire, de justifier l’utilisation des 30 millions d’euros de financements publics sur les deniers du contribuable, de s’auto-satisfaire et de s’auto-congratuler. Il nous paraît primordial avant tout de présenter les bilans des actions menées".

Les associations regrettent par ailleurs qu'il faille attendre les JAPD (Journée d'Appel à la Défense) pour détecter les jeunes en difficultés : "L’institution se permet d’orienter cette population d’élèves du primaire en échec scolaire au collège puis au lycée, identifiée au final lors des JAPD ou dans les situations de communication de la vie quotidienne pour ceux qui ont été exclus du système éducatif passés l’âge de la scolarité obligatoire pour diverses raisons". En 2009, 3.000 nouveaux illettrés ont été recensés.

Voici les questions communes posées par la FCPE et la PEEP :

- La prévention de l’illettrisme à La Réunion n’est-elle pas une fois de plus un moyen de stigmatiser les enfants de la couche sociale la plus défavorisée?
- Les autorités institutionnelles, auraient-t-elles peur du spectre qu’elles ont créées et reproduites au fil des années ?
- Pourquoi les CLIN (Classe d’Initiation à la langue française et aux apprentissages scolaires pour les Élèves Nouvellement Arrivés en France (E.N.A.F.) ont été mises en place à La Réunion en 1991 soit 21 ans après la circulaire du 13/01/1970 ?
- Pourquoi il a fallu attendre 15 années de plus pour la mise en place des CASNAV (centre académique pour la scolarisation des nouveaux arrivants) et des premières classes d’accueil (C.L.A.) au collège ?  
- Qu’en est-il des documents préparatoires de ces Etats Généraux ?
- Pourquoi a-t-on voulu restreindre le nombre de participants ?
- Qu’en est-il des bilans des Centre Académique de Lecture et Ecriture, de la Mission Générale d’Insertion, des Centre Académique pour la scolarisation des Nouveaux Arrivants et des Classes d’Accueil?
- Qu’en est-il de l’externalisation des moyens à l’Education nationale ?
- Qu’en est-il du bilan intermédiaire de la charte de l’Illettrisme signée en 2007?
- Qu’en est-il de la situation des illettrés du primaire, des collèges et des lycées ?
- Qu’en est-il du devenir des illettrés et des JAPD (Journées d’Appel de Préparation à la Défense) ?
- Qu’en est-il de l’insertion et du suivi des jeunes sans qualification?
- Comment expliquer le désengagement de certains partenaires dans les actions déjà mises en place ?
- Quelles actions ont été mises en place pour intégrer les familles dans la maîtrise de la langue française ?
- Qu’en est-il de la situation présente et du fait qu’elle perdure ?

Les EGILL se poursuivent avec, ce jeudi, deux ateliers transversaux aux actions de lutte et de prévention: "Le temps de consolidation et de seconde chance : l’espace carcéral, l’apprentissage et le suivi pendant le temps professionnel" (50% de la population carcérale est illettrée), "Communication : médias et actions culturelles".
Les derniers ateliers porteront sur les actions de prévention le mercredi 3 novembre 2010. Cinq thèmes au programme : "Partenariat et travail en réseau", "Petite enfance et maternelle", "Dispositifs en faveur des publics fragilisés, "Relation école/parents", "Diffusion de la lecture hors de l’école".

 

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