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Être gramoun de nos jours

Ecrit par zinfos974 – le mardi 19 octobre 2010 à 18H25

A l’heure où la rue s’embrase contre le projet de loi sur les retraites, les gramouns, nos retraités, sont mis en avant à l’occasion de la semaine bleue qui se déroule actuellement sur l’ensemble des communes de l’île. Cette semaine met à l'honneur les personnes âgées en multipliant les activités et en favorisant les rencontres inter-générationnelles. L'occasion surtout de les écouter !

Pour Philippe, 32 ans, bien que nos gramouns soient bien considérés "dans l’ensemble", il ne faut pas attendre une manifestation comme la semaine bleue pour les mettre à l’honneur. Pour lui, "ils font partie de notre patrimoine", c’est "notre mémoire collective, il faut les célébrer tous les jours". Selon lui, ils sont là "pour nous rappeler notre histoire" et ils auraient bien des "choses à nous apprendre" pour comprendre le monde dans lequel on vit.

Les sortir de leur isolement
 
Pour Marie Marthe, 75 ans, responsable du club  "pluie d’or", les manifestations comme la semaine bleue "relèvent les veilles personnes". Beaucoup d’entre elles sont malades et n’ont pas beaucoup d’occupations. Certaines sont même très seules et ne reçoivent quasiment pas de visites de leurs proches.

Il est donc important pour elle d’organiser régulièrement des manifestations afin de les sortir de leur isolement car "la vie lé dur surtout quand ou lé tout seul", s’exclame-t-elle.

"Heureusement i existe le bus tour de l’île le dimanche pou fait sort’ à nou"

Pour Rose, 80 ans, c’est une grande joie "de rencontrer des gens et de faire quelques sorties le dimanche". Elle se souvient de son enfance solitaire et ne veut pas éprouver à nouveau ce sentiment à l’heure de sa mort. Elle s’écrie, souriante, "heureusement i existe le bus tour de l’île le dimanche pou fait sort’ à nou".
 
Elle participe activement à la vie religieuse de son quartier car "le monde i tourne mal". Son seul plaisir de la semaine, elle le passe devant sa télé à regarder ses feuilletons préférés : "au moins i met un petit peu de piment dans la vie", s’amuse-t-elle.

"Mes petits-enfants c’est ça la richesse pou moin"
 
Thérèse, 82 ans, trouve sa plus grande joie auprès de ses petits-enfants "c’est ça la richesse pou moin", nous dit-elle. Elle vit entourée de ses proches et remercie le seigneur de pouvoir chaque jour profiter de ses derniers instants avec sa famille. Elle ne regrette pas le temps où elle allait faire des tours de l’île avec d’autres gramouns. Sa famille c’est son oxygène.
 
Elle adore également s’occuper de son jardin. Pourtant, elle aimerait bien "aller chanter pou lé vieux moun", pour leur donner un peu de son temps. Mais ses problèmes de santé l’en empêchent.

"Il faut de temps en temps donner de notre temps pour faire plaisir aux veilles personnes"

Pour Jeanne et Aline, venues chanter avec leur groupe pour les pensionnaires du centre de repos des Oliviers, à Saint-Gilles les Hauts, "il faut de temps en temps donner de notre temps pour faire plaisir aux veilles personnes" car "un jour c’est nous sera zot place", ajoutent-elles.
 
Elles encouragent les enfants et petits-enfants des veilles personnes en centre de repos à "venir voir zot mémé, zot pépé car après il sera trop tard".

 

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