Kélonia alertée sur le sort des tortues à Mayotte


Depuis quelques jours, la grande plage de Moya est au centre des préoccupations d'une dizaine d'associations environnementales de Mayotte. En cause, plusieurs projets dédiés à l'accès et à l'aménagement d'un site privilégié pour la ponte des tortues vertes et imbriquées. Pourtant propriété du Conservatoire du Littoral, les plages de Moya risquent fort de subir les affres d'un projet programmé depuis maintenant cinq ans. Une programmation qui n'aurait pas fait l'objet d'une étude d'impact selon un collectif d'associations mahoraises parmi lesquelles l'Apeb, l'Adel, Chélonée ou encore AHPE Hapandzo.
Kélonia, la Diren et le Conservatoire du Littoral interpellés
Parking, camion-bar, kiosques, barbecues, toilettes publiques et poubelle unique composant l'essentiel des travaux initiés par le Conseil général de Mayotte, le gestionnaire du site. Mais voilà, depuis la mi-septembre 2010, le chantier a débuté ce qui a eu pour effet de créer une grande clairière qui aurait pour conséquence de crée des nuisances multiples. Résultat, une pétition a vu le jour. Laquelle a été relayée localement par l'Association citoyenne de Saint-Pierre et l'Acpeges qui avaient milité, avec réussite, contre un projet d'extension du Golf Club de Bourbon.
Dans un lettre commune adressée à Kélonia mais également à la Diren et au Conservatoire du Littoral, les deux associations du Sud de l'île évoquent une "atteinte au site de reproduction" des tortues marines à Mayotte. Le but, faire appel à l'engagement et aux compétences des trois structures. "Nos associations ont été interpellées par le collectif des associations environnementales de Mayotte au sujet des aménagements sur les plages de Mayotte incompatibles avec la préservation des espaces littoraux et des espèces protégées", précise le courrier. "On s'étonne que sur le territoire français des politiques contradictoires soient mises en œuvre : à la Réunion, on développe les sites potentiels de ponte à Mayotte on détruit les sites réels", poursuivent Gaëtan Hoarau et Jean-Paul Calteau.
De leur côté, les associations concernées "exigent la suspension des travaux et demandent un arbitrage", précisent-elles au sein de leur pétition. Et de conclure en indiquant qu'elles auraient "recours à toutes les démarches et actions nécessaires et n'excluent aucun moyen pour limiter les dégâts".


