Université : L'anthropologie n'a pas d'avenir à La Réunion


"L'anthropologie est en crise" depuis quelques années à La Réunion indique Raoul Lucas, maître de conférence en sciences de l'éducation et membre du conseil d'administration de l'Université de La Réunion.
La filière ethnologie et sociologie est supprimée en première année de licence et n'est à présent abordable qu'en option. Seuls les étudiants en master au département anthropologie pourront avoir accès aux deux disciplines.
"Ce seront des élèves qui arrivent de l'extérieur qui bénéficieront de ces disciplines en master"
Deux disciplines qui font de moins en moins partis des choix des étudiants réunionnais et la filière n'existe désormais plus en licence. "Ce seront des élèves qui arrivent de l'extérieur qui bénéficieront de ces disciplines en master".
Des choix en fonction de "l'avenir financier des étudiants"
Selon Christian Barat, professeur émérite à l'Université du Moufia qui est cité dans le Quotidien d'aujourd'hui, les filières de sciences humaines ont du mal à perdurer dans les Universités, qui ont tendance à faire des choix en fonction de "l'avenir financier des étudiants".
Ce qui fait dire à Raoul Lucas que les décideurs politiques et les acteurs économiques doivent avoir un droit de regard sur les filières que l'Université décide de garder ou de supprimer. Selon lui, les filières choisies par le Conseil d'administration de l'Université "ne sont pas forcément en phase avec la réalité économique" mais sont plus des choix arbitraires.
De plus, ne plus enseigner ces matières de sciences humaines en Master est une "situation préoccupante" dans un contexte où la population revendique son identité, "sa culture et son particularisme" ajoute le maître de conférence en sciences de l'éducation.
"Les secteurs porteurs d'emplois aujourd'hui sont le social, l'enseignement, la formation, le développement local et les énergies renouvelables" indique Raoul Lucas, qui regrette que les étudiants et les enseignants désertent les filières en sciences humaines, d'autant plus que les postes vacants ne sont plus remplacés.


