A Paris, une présentation sur les prédateurs, en lien avec le risque requin

Le communiqué du conseiller départemental :
Le mercredi 20 octobre 2021, j’ai pu organiser une présentation sur les prédateurs, dans une salle à l’Assemblée nationale. J’ai pu réunir les principaux intervenants sur ce sujet :
-Bruno Lecomte, berger des Vosges, spécialiste de la protection des troupeaux face au loup.
-Olivier Maurin, berger du Béarn, co-président de la Fédération Française de Défense du pastoralisme, en passe de réussir à placer cette pratique au patrimoine mondial de l’Unesco.
-Magali Lacube, porte-parole de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), engagée face à l’ours, et à sa réintroduction forcée dans les Pyrénées.
-Adrien Adam, influenceur de la chaîne YouTube « pas végan », spécialiste de la lutte contre l’idéologie animaliste/antispéciste, et défenseur de la gastronomie française.
L’ensemble des députés, collaborateurs et journalistes présents ont exprimé leur satisfaction vis-à-vis de cette présentation, et reconnu la pertinence de cette approche globale.
Cette action réussie pourrait également déboucher sur une prise en compte inespérée et inédite de notre problématique, dans le cadre d’une évaluation du coût des prédateurs, commandée en ce moment-même par la commission des finances de l’Assemblée nationale.
La députée en charge de ce dossier, Emilie Bonnivard, s’est engagée à faire une demande afin que nous puissions y être intégrés, puisque cette évaluation, pourtant « nationale », n'était prévue que pour les prédateurs sur le territoire métropolitain… Pas dans les outre-mer !
Si cette démarche aboutit, cette mission viendra étudier notre cas ici depuis 2011, et interroger l’ensemble des responsables, institutions et acteurs locaux de cette problématique.
En plus des coûts économiques, de ceux qui ont tout perdu, commerçants, écoles de surf etc., j’ai insisté sur notre particularité, à savoir un coût humain démesuré, avec les 11 morts et 5 mutilés graves : à la Réunion, ce ne sont pas des brebis mortes qu’on évalue ici, bien malheureusement !
Je remercie notre député, Jean-Luc Poudroux, qui m’a permis de faire aboutir ce projet, s’inscrivant dans mes démarches pour faire reconnaître notre problème au plan national, et permettre définitivement un retour serein à l’océan.
Par ailleurs, mardi 19 octobre 2021, j’ai rencontré le conseiller Outre-mer du président, à l’Élysée. L'occasion de faire un bilan à l'approche de la fin de mandat, par rapport à certains engagements. Ainsi, conformément au propos du président lors de son passage de 2017 en campagne électorale, où il avait reconnu l’incompatibilité d’une réserve marine protégeant des prédateurs au cœur d’une zone balnéaire, il s’agit de permettre une dérogation à la règle de protection des espèces concernées dans les zones de protection renforcées de la réserve marine, en l’absence de moyens suffisants pour protéger les humains.
Nous avons abordé la levée de l’interdiction de baignade d’ici 2022 au profit d’un retour au risques et périls, pour respecter l’engagement du président en 2019 de « rendre la mer aux Réunionnais ». J’ai rappelé ma volonté de réconcilier les Réunionnais avec l’océan, afin de permettre la connaissance et la valorisation de notre patrimoine littoral, indispensable à une meilleure acceptation de la politique publique de réduction du risque requin.
Par ailleurs, j’ai mis en garde sur les fonds déjà très importants qui ont été engagés, à savoir 2 millions d’euros/ans, et sur l’infaisabilité de gonfler encore et encore cette enveloppe dans notre contexte de grande pauvreté, sachant qu’elle va être déjà difficile à maintenir à ce niveau, vu le changement politique récent à la région. Enfin, dans le cadre des échanges futurs qu’il m’a promis d’entretenir, j’y ajouterai nos attentes s’agissant d’un retour à la commercialisation, afin de rendre durable la pêche préventive. Bien sûr il m’a expliqué comme à chaque fois que tout est question « d’arbitrage », à savoir le poids respectif des deux camps, en les ménageant. Ce à quoi j’ai répondu que cela fait déjà 4 ans que la majorité présidentielle nous parle d’arbitrage… sans que rien ne soit vraiment arbitré, pour preuve, la décision récente du préfet de retirer son arrêté de pêche !
Celui-ci est en effet incompatible avec les règles sur les zones de protection renforcées de la Réserve Marine, englobant nos plus belles plages telles que Boucan, et donc toujours impossible à sécuriser en 2021…


