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Avis de tempête
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Ecrit par zinfos974 – le mercredi 6 mai 2020 à 18H35

L’information tourne en boucle depuis deux mois sur cette épidémie, qui à la Réunion, comme la bataille finale dans le désert mythique des Tartares, n'aura en fait pas eu lieu..
C'est hélas devenu une pratique récurrente dans les médias qui vivent habituellement sur la peur et autres passions tristes dont la progression est plus rapide encore que toutes les pandémies.
La mort est devenue le fonds de commerce de nos éditorialistes . Certains se sont même plaint de ce qu'il n'y en ait pas eu assez : «on nous cache des cadavres» titrait notre journal de référence ce dimanche.
Un peuple effrayé ne voit pas plus loin que le bout de son écran.
C'est forts de cette évidence que les rédacteurs en chef se sont appliqués à scotcher les zombis -citoyens à leur lucarne, avec le plus performant des adhésifs qu'est la rubrique des commentaires et des commentaires sur les commentaires .
Ce ne sont pas nos corps qui ont été confinés. Ce sont nos cerveaux qu'ont a laissés macérés dans le jus de la sottise.
On a frappé, martelé, assommé, tétanisé ; on a abruti les braves gens, pris au mortel piège. Ce fut un carnage dans les foyers, une hécatombe pour le discernement et le jugement.
Ça a commencé avec l’alerte gouvernementale, le lendemain des élections, avec la sirène martiale : nous sommes en « état de guerre » nous a-t-on prévenus !
Ce fut dès lors le branle bas de combat dans les chaumières, la panique générale, le sauve-qui-peut . L'autre, le voisin, l’étranger, le mahorais ou le chinois est devenu un suspect . Notre île n'a pas échappé à l'hystérie et s'est transformée en Hiroshima.
On aura eu droit à un incessant défilé d' experts, silencieux en janvier quand les premiers signes annonciateurs du désastre se profilaient à l'est, mais bavards jusqu'à la nausée à partir en mars .
Les journalistes ont animé le grand carnaval des soirées médicales , images morbides à l'appui , parfois recyclées cent fois .
La belle machine a tourné ainsi dans le vide pour provoquer sidération et stupeur.
Macron, l'incendiaire nous appelle désormais au calme, au pragmatisme et à la bonne volonté.
Le Conseil de l'ordre (construction pétainiste), qui a organisé la désertion presque générale du corps médical, nous donne les dernières instructions avant de sortir de nos tanières.
Les agents publics, dont la plupart se sont carapatés à la première alerte, avec la bienveillance du chef, et dont la lâcheté pour beaucoup est un métier, s'interrogent sur l'opportunité de mettre le nez dehors. Ils attendent le vaccin non pas contre l'épidémie mais contre l'effort.
Trop tard, le mal est fait !
Quel scénario nous attend : la paisible convalescence ou la tumultueuse révolte ?
On sait que ceux qui se sont enchaînés à cette folie n’en sortiront pas indemnes. Ils se méfient désormais de leur prochain, ils s'évitent , se déportent dans la rue , se distancient dans les files silencieuses.
On se voile ridiculement sur les sentiers pourtant ensoleillés et aérés. On dénonce , sous le couvert de l'anonymat bien entendu, on profère des anathèmes contre la Chine et la terre entière .
Seuls sont épargnés les organisateurs de cette funeste mascarade, perçus comme des prophètes.
Ceux qui se sont offerts en sacrifice à ce grand délire collectif ne sont pas sortis de l’auberge, les spécialistes de la santé mentale l’affirment.
Dans peu de temps, il va y avoir une cascade de dépressions, une hausse considérable des troubles psychologiques dans le meilleur des cas, psychiatriques parfois.
Les enfants n’échapperont pas à cette calamité, après une épreuve dont les conséquences n’ont pas été pensées ni même anticipées.
Et puis surtout il y aura ces flots de chômeurs qui feront entendre leur colère.
On se doute déjà que l'Etat n'aura pas un milliard à mettre sur la table, comme le réclame l'une de nos députées, pas plus qu'il n'aura la possibilité technique de faire 9 000 tests PCR par semaine. Tests inutiles d'ailleurs au sortir de l'épidémie .
Quant aux élèves , pardon aux profs décrocheurs, ils sont dans la nature et s'y trouvent pas si mal que ça.
Je crains que Michel Houellebecq n'ait raison quand il déclare :
« Je ne crois pas une demi-seconde aux déclarations du genre "rien ne sera plus jamais comme avant". Au contraire, tout restera exactement pareil. (…) Le coronavirus, au contraire, devrait avoir pour principal résultat d’accélérer certaines mutations en cours. (…) Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire. »
Bon soyons pragmatiques : tout bien réfléchi, les élections municipales auront peut être lieu quand même en juin.
Dans ce cadre une distribution gratuite de masques au bénéfice des électeurs de plus de 60 ans du chef lieu aura lieu dans les quartiers périphériques.
Stockez , stockez ! Vous dis-je. Non pas du papier cul ou de l'essence mais de l'intelligence et du courage !
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