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Night clubbing

Ce soir Geô chausse les GEOX de Raoul, mythique chroniqueur mondain d’Antenne Réunion et vous emmène en virée nocturne.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 16 avril 2010 à 09H51

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Le billet suivant, somme toute léger, s’adresse tout particulièrement aux oiseaux de nuit. Casaniers, pantouflards, grabataires, passez votre chemin!

Ça y est, la crête est gominée à souhait, le fin collier de barbe taillé au scalpel et vérifié au microscope, vous avez scruté votre visage une bonne vingtaine de fois, le doute n’est plus permis, vous êtes beau gosse. Cap sur un endroit branché que nous appellerons La Villa Fashion dans un souci de confidentialité.

Premier obstacle, le portier 3V, videur, visagiste, virulent (à ne pas confondre avec le malbar 3V, d’ailleurs rares sont les malbars videurs), qui vous flanque son pied au derrière si vous avez le malheur d’être de chromosome Y et non-accompagné d’un car de Miss Venezuela ou de stars du X. Une réflexion au passage, aller en boîte de nuit c’est aussi (surtout?) pour draguer, non? Voilà pourtant vos ailes plombées avant même de les déployer, le paon ne fera pas la roue, le rapace ne fondra pas sur sa proie. Cette nouvelle mode discriminatoire n’est sans doute pas ce qu’il y a de mieux à copier sur la "modernité" métropolitaine.

Deuxième difficulté, vous mettre dans l’ambiance. Vous esquissez quelques pas timides sur la piste, essayez de bouger les jambes, de coordonner les bras sans avoir l’air de gesticuler. Pour tout dire, vous enviez la demoiselle lambda répétant cent quarante-cinq fois d’affilée sur un titre le même petit déhanché qui, orné d’un sourire (un tant soit peu joli, cela va sans dire), passe toujours bien. Ah les demoiselles, le lot de poufs emperlousées des discothèques. Talons hauts et robe de soirée, elles toisent l’assistance du regard. Superficielles péronnelles, énervantes, détestables mais si désirables pour les plus élégantes.

Las de vous rincer l’œil, vous observez maintenant la déco. Le blanc lavabo devient peu à peu la couleur dominante des nouveaux espaces de nuit. Le style, épuré et soigné, ne manque pas de classe mais vous avez parfois l’impression de passer la soirée aux cabinets. Conséquence directe (?), les barmans mettent le feu au comptoir pour donner un peu de chaleur et d’éclat à un antre nocturne devenu âtre.

Vient le moment de prendre l’air pour mieux vous griller les poumons avec la pause clope du non-fumeur qui cherche habilement à faire grimper le taux d’alcool dans le sang et par là même à se redynamiser. (Attention! Fumer provoque le raccourcissement du pénis ou la ptose précoce chez la femme (les deux si vous avez fait figurant dans un film d’Almodovar), ne fumez pas !)

C’est l’heure des dernières danses, les brumes de l’alcool conjuguées au soupçon de fatigue vous font oublier ce corps empoté. Au son de la house, vous vous laissez pénétrer par la musique, prendre par le rythme, la sarabande se fait jouissive. Dernière constatation, les morceaux durent désormais deux minutes vingt au lieu des trois trente de naguère. Dans une société toujours plus prompte au zapping, on embrasse beaucoup mais on approfondit peu.

 

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