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Lettre ouverte de Polemos

Ecrit par zinfos974 – le lundi 12 avril 2010 à 16H12

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Nous avons eu le regret de lire dans un article paru dans le Quotidien du 2 avril 2010 que le groupe Do Pagaal allait participer au Printemps de Bourges. Nous déplorons le fait que vous cautionnez encore des pseudos-artistes afin de représenter notre île. PRMA, ou plutôt devrions nous dire Pôle Régional des Musiques Apatrides ou plutôt Hybrides !

Nos propos peuvent vous sembler farfelus, mais finalement, ils prennent à contre-pied l'incongruité des propos énoncés : "Le style Do Pagaal n'est pas tellement définissable (...) Du hip-hop ? De l'éléctro ? Du slam ?". A présent, nous nous interrogeons : comment peut-on prétendre défendre la spécificité de la Réunion quand on ne parvient pas à se définir soi-même ?

Ainsi, pour répondre à l'interrogation de la journaliste, qui souhaitait savoir dans quelle catégorie le groupe allait concourir. Ces derniers ont reconnu que le hip-hop n'était qu' "une case" à cocher pour s'inscrire au printemps de Bourges. Une simple formalité. C'est vrai, après tout, à la Réunion, on regorge d'artistes hybrides "slameur-maloyer" et nous ne savons quelles autres bizzarreries. Il est vrai que dans notre île on se plaît à accoucher de monstres fabuleux, nous avons eu droit cette fois à une belle chimère : Do Pagaal !

Votre laxisme à l'égard de la culture Hip-Hop nous lasse pronfondément. Encore une fois, vous dénaturez la recherche créative et l'image que revêt les vrais artistes hip-hop de la Réunion. Rappelez-vous qu'on avait consacré ces derniers en février 2009. D'autre part, le Hip-Hop est désormais reconnu comme une culture et un style musical spécisfiques en France héxagonale. Ici, on constate qu'on est toujours confronté à une sorte de no man's land. On souffre d'un certain immobilisme de votre part. Visiblement, comme le témoignent les membres du même groupe dans le JT d'RFO le même jour, ce sont leurs amis du Séchoir et du Sakifo qui ont réussi à les placer ! On peut donc observer que depuis quelques années, ceux sont toujours les mêmes qui imposent leurs amis, sur la scène musicale, réinventant la culture de la Réunion au gré de leurs envies comme s'il s'agissait d'un vulgaire produit commercial ! Le pire, c'est que ce manquement se traduit en autosatisfaction. Cela n'amène, somme toute, à rien au niveau culturel, si c'est bien ce que vous défendez.

On regrette de devoir toujours se répeter à propos du fait que la culture que nous défendons est représentative de ce que revendique un certain public réunionnais. Alors, nous vous retournons la question. Pensez-vous avoir un public pour les lauréats de votre prix Alain Peters ? Est-ce alors un caprice de l'un d'entre-vous ? Ou peut-être un certain regret pour avoir laissé aux oubliettes le plus grand artiste contemporains de notre île ? Pensez-vous vraiment lui rendre hommage ? Nous nous interrogeons.

Dans l'attente d'une réponse de votre part, nous vous prions de croire, en l'assurance de nos sentiments distingués.

 

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