Retraite ?
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Retraite ! Oui mais quand ?
A la suite du vote sanction de dimanche dernier à l’encontre des postulants régionaux de la majorité présidentielle et à l’encontre du Président de la République et de sa cellule grise, la Brigade Spéciale [email protected], nous avons pu entendre le soir même sur toutes les chaînes de télé un cri unanime et puissant proféré par les ténors de l’UMP :
Nous n'arrêterons pas les réformes
Sacrebleu ! Me suis-je dis tout ragaillardi par cette mâle attitude raffarinienne. En voilà des braves qui n’ont pas froid aux yeux et que rien ne détourne de l’intérêt supérieur du pays. Quoi ? Ce n’est quand même pas un quarteron de gauchistes plus ou moins à la retraite, gestionnaires par procuration a minima des régions, qui vont faire la loi dans ce pays, ais-je lancé à maman et à mon chat, gonflés d’orgueil devant la télé.
Ô tempora ! Ô mores! Le lendemain même ça commençait. Aux calendes grecques les engagements sur la taxe carbone de Borloo et sur la restructuration de l’Education Nationale. Avec en prime un petit tour de chaises musicales au gouvernement dans lequel, ô stupeur, voilà que l’on nous place un proto chiraquien sentant encore le préau d’école et un villepeniste revanchard, tous deux sortis du chapeau de notre magicien et de sa cellule grise.
Pourquoi pas Blücher en la personne de celui-là même qui était promis aux crocs de boucher par le Président de la République il y a peu ? Enfin bref. Du vrai rata de biffins de la Colo servi froid par nos Machiavel nationaux aux petits pieds et qui ne nous évitera certainement pas un Waterloo carabiné en 2012.
A l’énoncé de ces premières proclamations de résistance sur France-Inter où sévit par ailleurs un autre trublion, je commençais à m’inquiéter en pensant à la retraite de mes enfants. Cette vaste restructuration engagée en 1945 pour une répartition équitable et juste des cotisations et qui n’en finit pas d’être remaniée depuis dans le genre country dance : un pas en avant, deux en arrière, un sur le coté va-t-elle passer à la trappe elle aussi ?....
Quid de la Loi Fillon du 21 Août 2003 ? Une réforme tronquée et laminée certes, mais qui a l’avantage d’exister et d’être appliquée, contrairement à la loi sur le CPE votée dans la précipitation et en catimini le 9 Février 2006 par la majorité de l’époque.
Pourtant, cette fameuse répartition, principe même de la solidarité intergénérationnelle tant vantée par tous les gouvernements au pouvoir depuis 1981, doit être remaniée sur une base équitable entre tous les cotisants, quels que soient les régimes de retraites auprès desquels ils ont cotisé et auxquels ils sont affiliés. Un seul régime doit être appliqué à tous les Français. Les régimes spéciaux et autres privilèges tel le cumul des mandats doivent être abolis. Ce ne serait que justice.
Le déséquilibre financier des caisses de retraite oblige à prendre des décisions drastiques comme celles qu’ont prises la plupart des gouvernements des pays de l’U.E. La décision qui s’impose par elle-même et celle du rallongement du temps de travail et des cotisations. Avant 1982, l’âge du départ à la retraite était 65 ans. Notre ancien Président et sa cour de l’époque l’ont fait passer à 60 ans. Les héritiers de la gauche mitterrandienne restent toujours attachés à cette utopie alors même que la durée de vie a fortement progressé et les conditions de travail sont aujourd’hui beaucoup moins pénibles.
Mais ce n’est certainement pas en taxant les stock-options comme le souhaite la gauche que les comptes seront rééquilibrés. Au contraire. Le flux des investisseurs se tarirait et l’emploi d’ autant, accentué et amplifié en cela par l’absence, curieuse pour une économie moderne, de fonds de pensions qui fait d’ ailleurs perdre à la France le bénéfice des performances de ses entreprises. Celles du CAC 40 sont détenues à 45% par des étrangers. D’ où moins de cotisations et moins de recettes pour les caisses de retraite.
Certes, la civilisation ludique et de loisirs débarquée via Hollywood avec les Sherman un certain 6 Juin a été totalement intégrée par le bon peuple français, lequel a prouvé depuis que souvent l’élève peut dépasser le maître. Alexandre le bienheureux, un film français comme par hasard, a fait beaucoup d’émules depuis sa sortie en 1967 et notre jeunesse incitée par les progressistes de Mai 68 eux aussi débarqués des campus universitaires américains, toujours aux manettes dans l’Education Nationale, va payer un prix très lourd à l’heure où elle se fera valoir son droit à la retraite si le législateur n’utilise pas quelques moyens de contention dés maintenant pour rééquilibrer l’édifice.
On sent que notre premier ministre se remémore les courageux replis de Monsieur Jupé, grand chiraquien s’il en fut, en 1995, ce qui expliquerait une certaine frilosité sur le sujet. Mais quoi ? Nos députés UMP et affiliés commenceraient-ils à penser de refiler le bébé à la prochaine majorité de l’Assemblée Nationale laquelle a de grande chance d’être rose-verte en 2012 ? On n’ose l’imaginer.
Alors, quitte à couler, autant couler dans l’honneur. Et que Mr. Eric Woerth prenne le taureau par les cornes et taille dans le vif maintenant, si toutefois la Brigade Spéciale [email protected] lui en laisse le temps et ne lui impose pas des contentions politicardes de mauvais aloi.
Nous avons entendu et écouté avec soin l’intervention télévisée de notre Président aujourd’hui par laquelle il tente de nous convaincre de sa bonne foi et de sa volonté à poursuivre les réformes qui s’imposent y compris et surtout celles concernant les retraites. Nous en voudra-t–il si nous lui répondons qu’il nous a rappelé depuis que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ? Les abstentionnistes de Dimanche dernier, majoritairement de droite, ceux là même qui avaient voté pour lui au deuxième tour des présidentielles de 2007, lui ont déjà répondu à ce sujet. Il est grand temps que les députés UMP encore libres d’assumer des responsabilités autres que partisanes et d’affirmer leurs convictions en prennent également bien note. Sinon, gare aux cantonales.
Chris du Fier Le 24 Mars 2010


