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Maurice : L'intégriste Javed Meetoo entendu par la police et relâché

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 7 juin 2018 à 22H26

Cinq jours après la manifestation illégale de samedi dernier à la Place d’Armes, à Port-Louis, contestant la "Marche des Fiertés" du collectif Arc-en-Ciel, Javed Meetoo, son organisateur, a été convoqué aux Casernes centrale ce jeudi après-midi pour fournir des explications quant à son implication et sa participation à ce rassemblement.

Le leader des intégristes musulmans mauriciens se trouvait à la tête du groupe d'opposants à la Marche de la communauté LGBT au Caudan.

Javed Meetoo a été autorisé à quitter les locaux du Central Central Criminal Investigation Deparment où il a été interrogé pendant un peu plus de 2h30.

A sa sortie il a déclaré à la presse : "Tout va bien, il n'y a pas de problème et aucun reproche. Laissons l'enquête faire son travail".

Le prédicateur radical affirme que face aux "mensonges de la presse", il est venu éclaircir "les zones d’ombres". Meetoo assure qu’il n’y a pas eu de problème, mais qu’on a "instigué" le grand public à croire certaines choses.

Il était accompagné de son homme de loi, Me Raouf Gulbul.

Javed Meetoo n’est pas un inconnu de la police, ni de la brigade anti-terroriste. Il serait le leader d’un réseau qui aurait encouragé des Mauriciens à se rendre en Syrie et en Irak pour se battre aux côtés du groupe État islamique. Il a également été interrogé dans le cadre des coups de feu sur l’ambassade française à Maurice en 2016.

L'inspecteur Shiva Coothen en a profité pour annoncer que d’autres arrestations allaient avoir lieu.

Elles sont toutes liées à des infractions à l’article 138 du Code pénal interdisant les rassemblements illégaux.

Pourtant, il avait à sa disposition les articles de la Prevention of Terrorism Act (PoTA) qui a été modifiée pour décourager les Mauriciens radicalisés. Suite au cas Yogen Sundrun, l’un des premiers Mauriciens à avoir fait l’apologie du terrorisme sur YouTube et à l'enquête de la cellule anti-terroriste au Prime minister’s Office (PMO) sur les pérégrinations supposées de Reaz Lauthan auprès de l’État islamique en 2013, la décision a été prise de renforcer davantage la Prevention of Terrorism Act (PoTA) de 2002.

La loi antiterroriste a été amendé comme suit : L’article 3 de la PoTA a été modifié afin de poursuivre toute personne consentant, collaborant ou participant à un acte terroriste. Il inclut également toute personne menaçant de commettre un tel acte ou qui en fait la promotion, voire encourage des tiers à se lancer dans de telles activités.

Un ajout à l’article 4 pour que la PoTA peut être utilisé contre toute personne ayant reçu une formation, quelle que soit sa nature, au sein d’une organisation proscrite à Maurice comme à l’étranger.

L’article 5 avec un alinéa sur le "terrorist training" : "Toute personne qui a connaissance d'un lieu situé à l'intérieur ou à l'extérieur de l'île Maurice destiné à recevoir des instructions ou une formation en relation avec des actes de terrorisme commet une infraction".

L'article 6 condamne les habits qui pourraient suggérer une appartenance à une organisation proscrite ou l’utilisation de banderoles ou de drapeaux pouvant laisser penser qu’une personne sympathise ou épouse les préceptes de celle-ci. La police aura les pleins pouvoirs pour interpeller cette personne sans avoir un mandat au préalable.

Comme on le voit, les policiers auraient parfaitement pu utiliser cet article 6 pour poursuivre Javed Meetoo puisque, sur les photos de la contre-manifestation des intégristes, on voit parfaitement des pancartes "pouvant laisser penser qu’une personne sympathise ou épouse les préceptes" d'un mouvement proscrit. Ce qui est le cas de Daesh. D'autant que par le passé, les sympathisants de Meetoo n'avaient pas hésité à brandir le drapeau de Daesh dans leurs manifestations, sans que là aussi la police n'intervienne.

Mais surtout, bizarrement, plus personne n'évoque le fait que ces manifestants étaient armés, un argument révélé par les policiers eux mêmes aux organisateurs de la Marche des Fiertés pour justifier de son annulation. A quel jeu jouent la police et le gouvernement mauricien?

Enfin, on n'entend plus parler des mails envoyés au Président de la République mauricienne, au Premier ministre et aux journaux menaçant de mettre l'ile Maurice à feu et à sang, et désignant le Caudan comme "cible privilégiée pour un futur attentat.

Décidément, on a du mal à comprendre la justice mauricienne...

 

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