Alzheimer: déremboursement total des médicaments prescrits

Efficaces les médicaments: c’était en tout cas le sentiment des neurologues, membres de la Fédération nationale des Centres Mémoire de Ressources et de Recherche, qui avaient exprimé leur point de vue il y a un an dans une tribune publiée dans le journal Libération. Que dire aussi de toutes les études qui ont démontré l’efficacité des médicaments et prouvé que lorsque les patients arrêtent leur traitement, leurs fonctions cognitives déclinent plus rapidement. La vérité d’hier ne semble visiblement pas être la vérité d’aujourd’hui quand on parle des médicaments anti-Alzheimer.
France Alzheimer et maladies apparentées ne peut que le déplorer, se faisant ainsi le porte-voix des familles qui lui ont fait part ces dernières heures de leurs "inquiétudes", leurs "interrogations", leur "désarroi", leur "incompréhension". Pour les familles qui entendent, malgré tout, continuer à avoir recours aux médicaments, cela signifie mettre à la main à la poche. Autant dire que la solidarité nationale ne s’applique pas pour les unes qui ont le sentiment d’être sacrifiées au prétexte que les médicaments ne produisent pas d’effets bénéfiques sur "les autres".
D’ailleurs, cette efficacité ciblée, France Alzheimer ne l’a jamais nié et s’est toujours gardée de toute généralisation. Le déremboursement entrainerait une iniquité entre les familles les plus aisées et les plus démunies. Compte tenu du reste à charge extrêmement élevé auquel sont confrontées les familles (plus de 1 200 euros/mois en moyenne), rares sont celles qui pourront, en sus de leurs dépenses actuelles, assumer les 30 euros mensuels équivalents au coût du traitement.
Les familles ne sont pas les seules victimes de cette décision. La recherche apparait également comme une victime collatérale. En effet, parce qu’ils sont conditionnés à la prise de médicaments, les essais cliniques seront en conséquence limités, avec pour résultat, une impossibilité pour une grande majorité de patients d’accéder aux thérapies innovantes. En devenant le seul pays européen à ne pas rembourser les médicaments, la France compromet sa compétitivité nationale en matière de recherche.
A croire que la maladie est "un grand leurre" comme ose l’écrire un gériatre pourtant expert siégeant à la HAS et chargé d’évaluer les dispositifs médicaux dans le cadre de...la maladie d’Alzheimer. Cherchez l’erreur!
Une chose est sûre: France Alzheimer et maladies apparentées aurait aimé que cette mauvaise décision soit accompagnée d’annonces de moyens financiers conséquents pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées ; pour le développement de structures et dispositifs de prise en soin qui font toujours cruellement défaut ; pour la mise en place de dispositifs accessibles pour le répit des aidants sur qui repose aujourd’hui le système de prise en soin.


