Revenir à la rubrique : Santé

50% des Réunionnais boivent de l’eau insuffisamment traitée

Ecrit par zinfos974 – le lundi 17 octobre 2016 à 14H20

Plus d’un Réunionnais sur deux boit de l’eau du robinet qui n’est pas suffisamment traitée. Et les risques sanitaires sont non négligeables, selon le préfet, l’ARS OI, les élus et les professionnels du secteur présents ce lundi au colloque sur l’eau potable tenu à la Cité des Arts à Saint-Denis.
 
Cet événement – qui veut fédérer les acteurs institutionnels autour du sujet - a été organisé dans le cadre du Plan d’actions eau potable par l’ARS OI et la préfecture (prévu dans le Contrat de plan Etat-Région 2015-2020) dans le but d’obtenir dans les années à venir, une eau réunionnaise 100% potable. Car les enjeux sont notables, qu’ils soient sanitaires, économiques,  ou sociaux. "La qualité de l’eau est encore plus importante sur une île car il ne peut pas y avoir d’interconnectivité des réseaux", explique le préfet, Dominique Sorain. Pour François Maury, directeur général de l’ARS OI, "la moitié de la population sans eau de qualité présente un risque qui est inacceptable pour un département français".
 
 

 

La grande majorité des réseaux d’eau n’est pas aux normes
 
Car sur les 179 réseaux de l’île, 111 ne sont pas adaptés et des communes comme Bras Panon, Saint-Benoît, Cilaos ou encore Salazie présentent un risque microbiologique avéré. Sur les 52% des abonnés qui n’ont pas une eau suffisamment traitée, 5% connaissent ce risque.
 
Virus, bactéries et parasites peuvent ainsi être présents dans l’eau, entrainant principalement des gastro-entérites mais aussi parfois des hépatites A et E, des ulcères à l’estomac… Si les gastro-entérites sont un indicateur de la qualité de l’eau, cette dernière n’est pas la seule cause des gastro-entérites, d’où la difficulté d’établir un lien constant entre les deux. Il y a deux fois plus de gastros à La Réunion qu’en métropole mais ceci pourrait aussi bien être dû aux mains sales, au contact direct à la source alimentaire qu’à l’eau. "On sait par exemple que si les gens se lavaient les mains avant de manger, il y aurait deux fois moins de gastros", ajoute Pascal Beaudeau, responsable de l’unité "Risques liés à l’air, aux rayonnements ionisants, à l’eau et au climat" de l’Agence nationale de santé publique. Autre élément : seule une personne sur trois consulte un médecin pour la gastro.
 
Mais Jean-Louis Solet, ingénieur épidémiologiste de la Cellule inter-régionale d’épidémiologie de l’océan Indien, précise néanmoins qu’il y a cinq fois plus de malades chez ceux qui boivent l’eau du robinet que ceux qui boivent l’eau en bouteille.
 
Trouver les failles grâce aux gastro-entérites ?
 
Le but est d’établir un lien de causalité plus claire entre les gastro-entérites hors épidémie, qui interviennent de façon sporadique tout au long de l’année et la qualité de l’eau. "Nous allons nous rapprocher des assurances maladies pour avoir accès aux ordonnances qui concernent les gastros, explique Jean-Claude Denys, responsable du service Santé-environnement de l’ARS OI. Et où nous constatons des concentrations de cas, nous allons mener une enquête".
 

 

100 millions d’euros de travaux
 
Il faudra donc une meilleure potabilisation (qui passe par le pré-traitement, la clarification et la désinfection) et davantage d’unités de potabilisation, soit une trentaine de plus, selon Jean-Claude Denys, même si l’idéal est d’avoir une unité par réseau. "Il faudra donc regrouper plusieurs unités sur une commune, par exemple", ajoute-t-il.
 
Pour cela, les réseaux de plus de 5000 habitants vont profiter de 85 millions d’euros de travaux : 46 millions d’euros de l’Europe (FEDER), 4 millions de la Région et 3,6 millions de l’Etat. Pour les réseaux de moins de 5000 habitants, 15 millions d’euros proviendront de l’Office de l’eau et de l’Etat.
 
Cinq communes ont déjà déposé un dossier pour ces aides financières.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :