Que venez-vous faire par ici, François Fillon?

Nous lisons dans la presse que vous venez ce samedi à La Réunion pour soutenir votre " dalon " Didier Robert.
Il le mérite bien.
N’est-ce pas à lui que vous êtes parvenu, au terme de négociations particulièrement longues et ardues, à imposer -les doigts dans le nez- un projet de route en plein océan Indien, redouté pour la violence de ses éléments en période cyclonique ?
Vous deviez bien vous douter que ce projet conçu pour aller comme une paire de gants à Bouygues et Vinci connaîtrait des surcoûts très onéreux.
Aussi, lui avez-vous, habilement, conseillé de prendre tous les surcoûts à la charge de la Région Réunion.
Comme votre " dalon vous en ignoriez le montant, même approché à la louche.
Mais Didier, votre " dalon " n’avait pas imaginé, même en rêve, que des surcoûts pourraient bien atteindre des sommets vertigineux.
Il a signé avec un bandeau sur les yeux…
Il s’avère que le projet NRL à réaliser dans des conditions aléatoires en pleine mer reviendrait entre 2, 8 mds € (+ 30 %, minimum) et 3, 6 mds € (+ 70 % comme pour la route des Tamarins, sur terre). Ce projet vient, il y a à peine 3 mois, de voir son budget bouclé pour… 1, 66 md €.
Mais alors, il manque déjà, avant le début des travaux, la somme fort modeste de 1 200 millions d’€ pour un surcoût normal et prévisible de 30 % minimum (1, 66 NRL + 0, 5 bd nord + 30 %) !
Et je ne parle que de surcoût minimal, là ! Où trouverait-on les 2 000 millions d’€ nécessaires en cas hautement possible de 70 % de surcoût ?
Ces hypothèses, qui ne sont en rien douteuses, ne sont nullement prévues dans le budget. Vous venez soutenir votre poulain, Didier Robert.
Ce serait donc vous le généreux mécène apportant dans votre hotte de père Noël 2 000 millions d’€ pour garantir la fin du chantier ?
Désolé, dans cette période pourtant propice, de ne pas croire au père Noël !
Vous nous avez mis dans la mouise jusqu’au cou en signant Matignon II, en2010. En soutenant Didier Robert qui tient mordicus à aider les frangins qui ont besoin de beaucoup d’argent et à qui il a juré entraide, les yeux sous le bandeau, vous nous enfoncez jusqu’aux cheveux !
L’endettement des Réunionnais durant un demi-siècle, vous n’en avez rien à faire, rien à cirer, rien à braire ! ! !
Seriez-vous étonné que l’on vous dise que vous n’êtes pas le bienvenu ici ?
Armand GUNET


