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Le dispositif de continuité territoriale a régulièrement animé l'actualité régionale ces dernières années

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 23 octobre 2015 à 12H35
L'objectif affiché par Didier Robert en 2010 était une « politique volontariste (...) en partenariat avec l’État, dans le cadre du dispositif engagé de 40 000 billets d'avion ouverts aux Réunionnais à un tarif inférieur à 500 euros (…) dispositif proposé à tous ceux qui sont en recherche d'emploi, de formation, tous ceux qui souhaitent se déplacer pour des raisons personnelles ».

Cinq ans après le bilan quantitatif fait état de centaines de bons émis, 100 000 qu'en 2014. Dans une politique du chiffre, certains sont satisfaits mais cela ne peut suffire à évaluer une politique publique et dénote déjà d'une dérive quantitative : ce n'est pas parce que les choses sont bonnes qu'il faut en abuser.

En matière de financement du dispositif, Didier Robert a été en rupture avec l'ancienne majorité qui considérant que c'est une responsabilité de l’État et que les montants affectés étaient insuffisants, avait refusé de cautionner le dispositif : question de principe.

Le président de région a lui accepté que l’État n'assume pas pleinement ses responsabilités et est venu l'aider. En 2010, c'est 8 millions d'euros que la région consacrait à la continuité territoriale, idem pour l’État. En 2015, la continuité territoriale coûte à la région plus de 30 millions d'euros et l’État a disparu du financement puisque le dispositif est devenu régional et plus avantageux que celui de l’État. C'est donc une quadruple peine : un droit bafoué, des dépenses qui ont quadruplées, assurées totalement par le contribuable réunionnais, des fonds Etat qui ne sont pas utilisés.

Pour quels résultats ? Oui, des personnes ont pu voyager… Mais pas forcément les plus nécessiteuses puisqu'il faut pouvoir apporter la part restante du billet d'avion. Oui, des personnes ont pu voyager mais tant d'autres sont restées sur le carreau. L'irresponsabilité, c'est de mettre 30 millions d'euros dans un dispositif de continuité territoriale, de voir la possibilité pour des personnes d'aller en vacances et dans le même temps, des expatriés privés de leur île, des sportifs privés de compétitions nationales ou des parents d'enfants malades obligés de mendier sur une radio locale pour pouvoir se déplacer : question de priorité, question de dignité.

En terme de continuité territoriale, le vrai frein est le prix du billet d'avion. Or sur ce sujet, si les aides personnelles permettent de diminuer les coûts pour une catégorie de la population, il ne s'agit pas d'une approche structurelle visant à une baisse générale du coût des déplacements. Sur ce point, aucune action a été menée. Pire, les démarches engagées avant 2010 ont été stoppées, à l'instar de l'A380 densifié.

Ca va encore plus loin. Le saupoudrage régional a eu des conséquences sur d'autres domaines notamment le tourisme et particulièrement l'hôtellerie. C'est ce que révélait l'Iedom en 2014 : une desserte aérienne restreinte, occupée par une clientèle locale qui déserte les hôtels pendant que simultanément, l'IRT délaissait le tourisme local. Il y a donc eu une succession de mauvais choix, des conséquences qui dépassent la question même des déplacements, résultat d'une absence de vision stratégique globale.

Pilote d'un avion qu'il a mis à la dérive et qui n'est pas loin de s'écraser, Didier Robert candidat à sa succession se pavane aujourd'hui sans scrupule devant les médias avec des idées de compagnies lowcost, de bons pour les Réunionnais expatriés… En réalité, la compagnie Didier Robert doit être blacklistée.
 
Etienne Vidier

 

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