A quoi joue Virapoullé?

Virapoullé s'est vu attribuer une grande mission pour ces élections régionales : écrire le projet de Didier Robert.
C'est déjà reconnaître que la majorité actuelle n'en dispose pas ou que celui qu'ils tentent de mettre en œuvre depuis cinq ans n'est pas viable. Dans les deux cas, c'est un terrible aveu, terrible et inquiétant : « mon péi bato fou ».
L'avenir n'augure rien de mieux. Avec l'éclairage de l'histoire politique de La Réunion ces cinq dernières années, on ne peut pas raisonnablement croire au cinéma qui se joue actuellement.
En 2010, souvenez-vous c'était « bèzmen dan la kour Patel » : torse bombé, ambitieux et avec la force de l'âge, le jeune Didier Robert n'eut aucun scrupule à mettre de côté le brave Vira. Ce dernier considéra alors que l'ancien maire du Tampon ne respectait pas ses engagements pris et qu'il « agissait de son propre chef » et « sous la pression parisienne ». Humilié, s'en suivirent les grandes déclarations du Saint-Andréen, les « Pari i command pa nou » et tout le tralala.
Didier Robert aura remporté la bataille des régionales face à Virapoullé mais ce dernier a depuis su récupérer sa mairie et se poser en acteur incontournable ces élections régionales.
Depuis 2010, le maire de Saint-Andrée n'a pas non plus manqué de critiquer vivement le travail du président de région. Ce fut par exemple le cas sur le Schéma d'Aménagement Régional (SAR) qu'il considère de « corset » ou encore sur les matériaux nécessaire à la construction de la NRL en indiquant encore récemment qu'on ne pouvait pas inviter quelqu'un à manger à cari poulet chez soi et attendre qu'il arrive pour aller attraper la bête dans la cour.
Didier Robert n'est pas en reste, après avoir mis de côté son ami de l'est pour faire sa route tout seul comme un grand, il mena campagne à chaque élection contre ce dernier et en faveur de son autre ami : Serge Camatchy. Alors pendant des années, le président de région actuel n'a cessé de déclarer dans les meetings qu'il fallait entendre et accepter quand la population dit « aret un coup », qu'il est nécessaire de procéder au renouvellement de la classe politique, qu'il ne fallait pas revenir par « concours de circonstances », accepter qu'il y a des Hommes sérieux qui travaillent et qu'il fallait faire confiance à des Hommes qui sont encore capables d'apporter quelque chose… !
A l'heure du bilan, Virapoullé se retrouve donc à écrire un programme pour Didier Robert en situation d'échec sur la politique menée à la région et qui l'a malmenée pendant cinq longues années. Contrairement aux enjeux électoraux, la raison ne peut donc pas expliquer la pièce qui se joue actuellement. La question est alors de savoir si pour Monsieur Virapoullé les enjeux électoraux dont l'issue est très incertaine valent la perte de mémoire et/ou de dignité ?
Marie-Paule


