Quelle nouvelle gouvernance à la Région?

Le début de la campagne des régionales montre que bien des organisations sont ossifiées, coupées de la société. Il est temps de donner une autre dimension à la responsabilisation des élus et à la participation des citoyens par une nouvelle gouvernance.
La droite est rassemblée sans grande cohérence sur le fond dans le moyen et le long terme autour de Didier Robert sur une plate-forme qui n'est pas d'une grande stabilité ; des ambitieux attendent le moindre prétexte pour recommencer à tricoter des combinaisons de circonstance.
En tant que Parti organisé, le PS n'existe plus. Et ce n'est pas le couple (Bello ; Annette) qui peut apporter le renouveau : la première n'arrive toujours pas à se défaire de son logiciel d'origine ; le second n'est pas à sa première aventure personnelle aux régionales.
Encore moins un Thierry Robert : le populisme débouche inévitablement sur la désespérance.
Tout cela part d'un mouvement général : n'importe qui peut monter sur n'importe quelle liste, il suffit de rajouter une ligne à ce qui tient lieu de programme. Ce n'est plus le temps de l'ouverture, mais celui de la combinaison tous azimuts. D'où la perpétuation des clans, la professionnalisation des élus et le déclin de la démocratie.
Les objectifs annoncés ne s'opposent pas vraiment, mais c'est leur réalisation qui fait douter. Et si chaque tête de liste s'engageait en cas de victoire à expérimenter une nouvelle gouvernance ? «"L'utopique est simplement ce qui n'a pas encore été essayé".
Mais la nouvelle gouvernance doit s'exercer sur tous les grands secteurs : l'économie, la culture, l'aménagement du territoire, etc.
Pour chaque secteur, il importe de créer un comité de gouvernance dont la responsabilité est de bien définir la mission des plans d'action, de rappeler l'engagement sur des objectifs crédibles pour éviter de plomber le long terme, de proposer des mesures concrètes de réalisation tout en garantissant l'accessibilité aux documents, de mettre en place un code d'éthique et de déontologie pour la nomination des membres de commissions consultatives et des évaluateurs indépendants.
Par exemple, un nombre d'années non renouvelables – pas de rente –, aucun lien avec les élus –, non aux apparatchiks des partis –, ni avec des responsables administratifs. Loin de toucher aux prérogatives des élus, elle les renforce, et donne même de la substance à la majorité.
Si cette expérimentation est positive, elle peut être annexée à la future loi relative à la nouvelle répartition des compétences entre l'État et les régions. Par son institutionnalisation, la progression de la démocratie locale est assurée. Et les conditions sont alors réunies pour la suppression de l'alinéa 5 de l'article 73 de la Constitution interdisant toute adaptation de la loi à la Réunion, ce qui n'est pas le cas dans les autres DOM dans certains domaines.
Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles Saint-Paul


