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Montvert : Boureau d’enfants, lâche, menteur…
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Tribunal correctionnel de Saint-Pierre, 24 avril 2013.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 25 avril 2014 à 10H13

Toutes les preuves, toutes les déclarations, toutes les constatations des enquêteurs l’accablent. Mais Jean Vital fait partie de ces personnes qui mangent un chat et, la queue leur sortant encore de la bouche, affirment avec véhémence : "Non moin la pas mange a lu !"
Le 26 octobre dernier, dans la case de Montvert, E…, 10 ans, appelle son demi-frère au téléphone : leur père vient une fois encore de cogner sa grande sœur, A…, 13 ans. C’est la propre concubine du papa qui, s’emparant du téléphone, supplie le grand frère de venir chercher les gamines, leur situation étant devenue périlleuse.
Lorsque le frère arrive, le père ronfle, cuvant son alcool comme chaque jour.
Le médecin va relever de grosses traces de sévices physiques, des oedèmes chez la plus âgée, mais surtout, une peur latente chez les gamines. L’enquête permet de savoir que lorsqu’il a bu, l’homme s’en prend à ses filles pour un oui ou un non, le balayage de la cour mal fait, la chasse des WC non tirée… Les deux garçons, des hommes aujourd’hui, qui ne fréquentent plus leur père depuis belle lurette, apprennent aux enquêteurs que ce fut le cas pour eux également autrefois.
On reste comme deux ronds de flan en découvrant que voici quelques années, les services sociaux avaient déjà eu leur attention attirée sur la maltraitance dont soufraient les gamines alors qu’elles n’avaient que 6 et 4 ans ! Une enquête manifestement bâclée puisqu’aucune suite n’y avait été donnée et que le calvaire des fillettes a pu se poursuivre jusqu’à récemment.
Malgré les affirmations constantes des fillettes et de leurs demi-frères, l’homme nie tout. Alcoolique, lui ? "Mais non voyons, une ou deux bières tout au plus". Alors que les témoignages des filles et des commerçants parlent plutôt de packs de 20 bières chaque jour… stock qu’il renouvelle souvent, le soir, quand il a encore une tite soif. Plus troublant, lorsque l’alcool a englouti son argent, il n’y a pas de pain pour les petites !
Les menaces avec le fusil ? "Jaaaamais !" Mais pourquoi alors l’a-t-il caché chez un proche avant l’arrivée des gendarmes ?
Pourquoi les deux petites tiennent-elles à rester chez leur frère ? "Parce qu’il a une voiture et les emmène se promener !'Mais lui aussi, sans travail, sans revenu, est véhiculé. Il possède même une berline normale, un 4X4 et une moto.
Me Frédéric Hoareau, pour la partie civile, a insisté sur la lâcheté de cet homme qui est dans le déni malgré l’évidence et, s’il a l’alcool mauvais, se défoule uniquement sur des êtres sans défense, ses propres filles.
"Même sa concubine était battue. D’ailleurs, elle ne veut plus entendre parler de lui".
Le procureur Saunier n’a guère eu à forcer son talent pour enfoncer le clou. Le représentant du ministère public a aussi stigmatisé les services sociaux qui auraient pu, en 2007, stopper l’avalanche de coups qui allaient, pendant des années, continuer de s’abattre sur les deux victimes.
Me Cintrat a bien tenté de mettre en doute la fiabilité des témoignages et d’atténuer la désastreuse impression laissée par l’accusé : "C’est quelqu’un de bien… quand il ne boit pas".
La Cour a fait preuve d’une très grande indulgence : 6 mois avec sursis, obligation de soins et 500 euros à chacune des deux gamines.
Nous avons rencontré, à l’interruption d’audience, le grand-frère chez qui habitent les deux fillettes. Je vous rassure : elles vont très bien, travaillent très bien et sont en passe de retrouver l’épanouissement et la sérénité que leur père ne leur a jamais apportés.
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