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Résumé de la conférence du 06/07/13 organisé par le Collectif pour Madagascar, en partenariat avec le Conseil Régional de la Réunion

Ecrit par zinfos974 – le lundi 8 juillet 2013 à 09H44

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Thème : Pour un partenariat durable entre Madagascar et la Réunion.

Première partie : 1642-1975 : 333 ans de malentendus entre deux îles sœurs : Madagascar et La Réunion (M. Dominique AUPIAIS, Docteur en Histoire).

Le comptoir de Ford Dauphin à Madagascar est fondé par des Français en 1642, date du réel  début de leur aventure coloniale dans les mers du Sud. 1975 est l’année de la prise de pouvoir de Didier Ratsiraka à Tananarive, sonnant quasiment la fin des espoirs des Réunionnais de La Sakay. Entre ces deux dates, se succèdent des périodes de découvertes mutuelles puis de conflits, d’expériences interculturelles puis d’incompréhension, de colonialisme français puis de révoltes anticoloniales. Madagascar et La Réunion restent marquées mutuellement par l’interculturalité franco-malgache. La Grande Ile offre la première expérience de métissage afro-européen vécu au XVIIe siècle. L’Île Bourbon doit son peuplement primitif, dès 1663,  à une majorité de couples franco-malgaches. Ces échanges ne se sont pas faits sans laisser des traces profondes dans l’inconscient collectif. Malheureusement, d’un côté comme de l’autre, les sentiments et les ressentiments sont difficiles à cerner. Les Réunionnais se savent proches des Malgaches sur le plan généalogique mais le revendiquent peu, de peur de couper le lien « sacré » avec la mère-patrie France. Les Malgaches connaissent bien les Créoles de La Réunion pour les avoir vus souvent  immigrer chez eux durant la colonisation française.

L’interculturalité indocéanique, née au XVIIe siècle à Madagascar, qui a offert la créolité aux Mascareignes et aux Seychelles, reste encore à construire. Elle est la seule issue possible pour une coopération internationale, respectueuse de chaque peuple dans cette partie du monde.

Deuxième partie : Les champs d’action possibles (Mme Elyett Rasendratsirofo, ancienne Ministre).

Le titre général que nous avons retenu pour cette conférence suppose qu’en plus de l’appartenance de Madagascar et de La Réunion à la COI et de l’appartenance de Madagascar à la SADC et au COMESA, un partenariat spécifique entre nos deux îles peut et devrait s’établir, parce que cela serait bénéfique aux deux parties.
Pourquoi un tel partenariat est-il souhaitable ?

Il s’agirait pour nous, habitants de cette partie de l’Océan Indien, de nous rassembler afin de nous préparer au mieux à ce 21ème siècle qui commence, et qui s’annonce violent dans tous les domaines, notamment en matière de rivalité économique.

Dans cette région du Sud-ouest de l’Océan Indien, l’Afrique du Sud,  membre des BRICS, attire déjà dans son orbite les Etats membres de la SADC du continent africain. Les îles que nous sommes avons donc le choix entre nouer individuellement des relations avec cet ensemble, ou nous rassembler pour mieux défendre nos intérêts dans les échanges inévitables et nécessaires avec ce bloc en formation. Nous devons également garder à l’esprit les ambitions des autres puissances intéressées par l’importance géostratégique grandissante du Canal de Mozambique

Mais si nous voulons vraiment bâtir un partenariat durable, un travail d’assainissement doit au préalable être entrepris au plan des mentalités et au plan politique. Parmi les principes à mettre en place comme référence, celui de respect mutuel et celui de bénéfice mutuel me paraissent devoir figurer en bonne place.

Madagascar et La Réunion seraient toutes deux gagnantes dans le cadre d’un partenariat dynamique et équitable. Pour Madagascar, le plus important ne serait pas l’exportation à La Réunion de produits agricoles, mais d’étoffer son réseau de PME. Les opérateurs malgaches à la tête de micro et petites entreprises, issues notamment de l’artisanat, ont besoin de partenaires pour financer leur croissance, ou pour leur apporter les transferts de technologie nécessaires à cette croissance, afin de passer au stade de PME. De nombreux autres domaines sont également ouverts à la création de nouvelles PME : tourisme, agriculture biologique, industries de transformation, énergies renouvelables. Les investisseurs et les établissements de formation professionnelle réunionnais pourraient répondre à ces besoins de financements et de transferts de technologie.   

Pour La Réunion, un tel partenariat faciliterait la recherche de solutions à ses deux problèmes essentiels : la cherté de la vie et le chômage des jeunes. Si les carcans administratifs sont desserrés, il sera moins cher d’importer produits alimentaires et carburants de Madagascar que de l’Europe, de l’Inde, de la Chine ou de l’Australie. De même, la création d’emplois à La Réunion pourra se faire par le développement des entreprises réunionnaises investissant à Madagascar.

Au plan politique, les deux parties seraient également gagnantes.

Un partenariat économique fructueux et équitable reste en efffet le meilleur moyen d’éviter les tensions et d’apaiser les anciennes rancoeurs. La stabilité politique et le retour à un régime légal à Madagascar constituent cependant un préalable à un partenariat durable. Un soutien des élus réunionnais dans ce sens serait non seulement utile, mais leur gagnerait la reconnaissance des Malgaches, ce qui serait le meilleur prélude à un bon partenariat.

A contrario, la persistance de l’instabilité actuelle serait néfaste pour nos deux îles en faisant de Madagascar un lieu favorable à l’émergence des extrémismes qui prolifèrent sur le terreau de la pauvreté et de l’absence de démocratie. Dans ce cas, La Réunion ne pourra pas éviter d’être également impactée par ces extrémismes.

 

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