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Un journaliste de Témoignages répond à Zinfos

Monsieur, Vous avez publié sur votre site plusieurs articles consacrés à la présentation de la Maison des civilisations et de l’Unité réunionnaise lors du festival « Kréyol Factory » organisé à La Villette. Le premier, « La MCUR présentée à la Grande Halle de La Villette à Paris » qui décrit l’évènement lui-même, est  signé […]

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 29 mai 2009 à 11H24

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Monsieur,
Vous avez publié sur votre site plusieurs articles consacrés à la présentation de la Maison des civilisations et de l’Unité réunionnaise lors du festival « Kréyol Factory » organisé à La Villette.
Le premier, « La MCUR présentée à la Grande Halle de La Villette à Paris » qui décrit l’évènement lui-même, est  signé par Bérengère Lefèvre.  Le second, intitulé «Une salle comble…avec beaucoup de trous » est  paru avant-hier sur « Zinfos ».  Rédigé par vos soins, il interpelle l’article dont je suis l’auteur, publié par « Témoignages » le 23 Mai 2009, consultable via le lien suivant :
 http://www.temoignages.re/la-mcur-un-projet-ancre-dans-l,36856.html
Votre article  précité ainsi que celui de Melle Lefèvre soulèvent selon moi plusieurs questions, sur le fond comme en termes de méthode.
J’ai usé de l’adjectif « comble » pour décrire l’auditorium Boris-Vian dans lequel s’est déroulé le 16 mai 2009 la manifestation intitulée « 6 mondes, La Réunion », animée (par ordre d’apparition) par Mr Martial, Mme Vergès, Mr Alendroit, Mr Vergès.
Vous tournez en dérision cette formulation, et produisez à cette fin une photographie qui met en évidence  un certain nombre de sièges inoccupés au premier rang. Comme l’a fait remarquer avec bon sens un commentaire posté sur « Zinfos », cette photographie fut prise avant le commencement de la présentation. Les sièges vacants furent promptement occupés, entre autre par la sénatrice Anne-Marie Payet, par Mme Nassimah Dindar, par des officiels métropolitains de la culture.  
Au-delà de l’anecdote et de la polémique, votre article pose la question centrale  de l’établissement des faits et du rapport à l’image. Pour établir que, contrairement à mes dires, la salle était vide, vous utilisez un cliché. Néanmoins, vous omettez de préciser l’heure à laquelle fut prise cette photographie. De surcroît, vous faites croire et feignez de croire qu’elle donne un état de la fréquentation de la salle au plus fort de
Pour ma part, ma démarche a consisté :
– A me renseigner auprès de l’administration de la grande halle de La Villette (établissement public). Selon celle-ci, la capacité de l’auditorium est de 300 personnes sans strapontins.
– A questionner un appariteur chargé du décompte, qui a pour sa part estimé à  près de 350 le nombre des présents. Je préfère cependant m’en tenir à mon estimation, ayant constaté l’accroissement du nombre de spectateurs lors de l’entrée en scène de Christine Salem.  Quiconque a une expérience minimale de l’établissement de compte-rendu sait que les manifestations culturelles officielles de quelques importances donnent lieu au recueil des chiffres et à l’établissement de statistiques. En l’espèce, c’est le rôle du service des études, dont Mme Florence Lévy est la responsable. Vous pourrez vérifier mes dires auprès de cette structure.
S’il est vrai qu’une demi-rangée est restée inoccupée, de nombreuses personnes se trouvaient debout à l’arrière de la salle. De plus, plusieurs avaient pris place dans l’escalier. Les perceptions d’un évènement que l’on peut avoir en fonction d’une position dans une salle et/ou en fonction d’une posture idéologique sont une chose ; la confrontation avec la réalité des faits en est une autre. Collection des renseignements. Pluralité des sources. Recours aux données chiffrées. Voilà qui est à mon sens plus conforme au travail journalistique que l’exégèse d’une simple photographie mise hors-contexte.
Votre article et le reportage de Melle Lefèvre se fondent sur un postulat partagé : la MCUR n’intéresse personne ; elle est inutile, ridicule, et est refusée par l’ensemble de la population. Ce procédé permet à peu de frais de disqualifier les partisans du projet. Ceux-ci sont immédiatement suspectés de vénalité, de corruption, d’imbécillité. Je comprends fort bien l’intérêt d’une telle présentation : nous sommes en campagne, et selon certaine conception de la pratique politique, tout est bon à prendre contre l’adversaire.
Dès lors, pour que la réalité soit conforme aux mots d’ordre politiques, il « faut » que l’auditorium Boris-Vian ait été vide. Il « faut » que le public parisien « trouve ses raisons d’être discutables ». Il « faut » que les sondages qui montrent un certain soutien de la population réunionnaise à la MCUR procèdent d’une manipulation.  Nous sommes là dans le domaine classique du journalisme partisan. Faut-il rappeler que ce genre n’exonère pas le ou la journaliste d’une obligation minimale de rigueur et d’honnêteté dans l’établissement des faits, préalablement à la présentation politique ou idéologique ?
Cordialement,
Geoffroy Géraud

 

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