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St-Leu : Son addiction à l’alcool est telle que les gendarmes doivent suspendre sa garde à vue

Le tribunal de Saint-Pierre retrouvait ce mardi un prévenu en récidive de violences aggravées et de menaces de mort sur sa femme. C'est le second épisode de la descente aux enfers d'un homme rongé par son passé et son addiction à l'alcool. Il a été condamné à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis.

Ecrit par G.D. – le mardi 23 janvier 2024 à 17H21

Un ami pour jouer le rôle des ambulanciers, un pied de biche remplaçant l’arc, des menaces de mort envers sa femme un peu modifiées, le scénario a certes changé légèrement, mais les accusations qui amènent Julien* devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre sont les mêmes qu’en 2022 : violences aggravées et menaces de mort. Bien évidemment, c’est encore à l’alcool qu’a été confiée la mise en scène de ce triste scénario.

Depuis les événements de 2022, Julien et sa femme ont essayé de se retrouver, mais l’addiction à l’alcool du quadragénaire s’est encore interposée en travers de leur chemin. Ne voulant pas que leur enfant voie son père dans cet état, Nadia* lui demande de quitter la maison pendant une semaine pour réfléchir.

Julien part chez Lucas*, un ami qui lui prête son appartement. Malheureusement, cet ami partage la même problématique d’alcoolisme. Le 26 juillet dernier, il est à peine 16h quand Lucas arrive chez lui, muni d’un pied de biche, et accuse Julien d’avoir couché avec sa copine. Lucas a 2,26 mg d’alcool par litre d’air expiré, soit pratiquement 5 grammes par litre de sang. Julien n’est pas en reste avec 1,7 mg par litre d’air expiré.

La situation s’envenime, et Julien parvient à désarmer Lucas avant de lui asséner un coup sur la tête avec le pied de biche. Les gendarmes interviennent et arrêtent Julien. Ce dernier est placé sous contrôle judiciaire. L’addiction à l’alcool de Julien est telle que les gendarmes ont dû suspendre la garde à vue par crainte d’une défaillance cardiaque due au manque d’alcool.

« Mon souhait, c’est qu’il soit sobre »

De retour chez lui, Julien continue de boire. Quinze jours après ces événements, une dispute éclate entre eux, et Nadia lui impose un ultimatum pour entamer un traitement contre son addiction. Julien la menace alors de mort si elle l’empêche de voir son fils. La mère se retrouve enfermée dans la salle de bain, alerte une amie, et fuit la maison. Les gendarmes la retrouvent quelques minutes plus tard dans la rue.

De nouveau devant les juges, Julien prétend être « sobre depuis les faits. J’ai compris que l’alcool occasionnel n’est plus possible pour moi. C’est l’abstinence ou rien. » Le prévenu rappelle que la perte de sa fille lors de la grossesse de son épouse l’a fait basculer, et qu’il n’a jamais réussi à surmonter cette épreuve.

Nadia refuse toute mesure d’éloignement et demande la levée du bracelet anti-rapprochement. « Mon souhait, c’est qu’il soit sobre et qu’il puisse voir son fils. Avant qu’il ne tombe aussi bas, on était incroyablement heureux », explique-t-elle.

« S’il perd sa famille, il perd son seul phare dans la vie »

« C’est une situation inhabituelle. On ne comprend pas comment vous en êtes arrivés là avec un entourage aidant et aimant. Vous avez eu un certain nombre de chances sur le volet judiciaire. Il semble avoir arrêté l’alcool, mais nous n’avons pas assez de recul », souligne la procureure qui requiert une peine de 24 mois de prison, dont douze avec un sursis probatoire de deux ans.

« L’alcool est une maladie terrible. La perte d’un enfant est une souffrance immense. On n’en guérit jamais, on vit avec. Ce qu’elle lui reproche, ce ne sont pas les violences, c’est de le voir comme une loque », argumente Me Sébastien Navarro, qui assure la défense. Il rappelle que son client « a respecté son contrôle judiciaire et repris sa vie en main. S’il perd sa famille, il perd son seul phare dans la vie. Il faut qu’il soit suivi. »

Le tribunal suit les réquisitions et le condamne à 24 mois de prison, dont 12 avec un sursis probatoire renforcé. Il devra effectuer la partie sous bracelet électronique, tandis que le bracelet anti-rapprochement est levé. La présidente du tribunal a tout de même demandé à Nadia de se manifester à la Justice dès le premier signe.

*Prénoms d’emprunt

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