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Saint-Paul : Entre les oreilles et les seins, il y a une agression sexuelle

Ce mardi, un quinquagénaire était jugé pour avoir agressé sexuellement une jeune fille de 17 ans qu’il connaissait depuis son enfance. L’homme a assuré qu’il lui avait massé les oreilles et le visage pour l’endormir. Mais la victime n’a pas la même version de ce qu'il s’est passé à l’issue d’une réunion de famille en octobre 2021.
Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 7 décembre 2023 à 06H37
Photo d'illustration

"D’après ma mère, je joue avec les oreilles depuis que je suis tout petit. Je faisais ça avec ma petite sœur. J’ai arrêté de sucer mon pouce mais j’ai continué à me détendre avec les oreilles des autres", détaille Pascal R. à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis en réponse aux questions de son avocate.

Le quinquagénaire est jugé ce mardi pour avoir agressé sexuellement une jeune fille de 17 ans qu'il connaissait depuis son enfance. Les faits se seraient déroulés en octobre 2021 lors d’une réunion de famille. "Ma famille est déchirée à cause de cette histoire. Je voudrais que l’on passe aujourd’hui à autre chose", déclare la jeune fille avec courage et détermination à la barre du prétoire. Pendant toute l’audience, entourée de ses proches, elle ne flanche pas et garde la tête haute.

Devant elle, Pascal R. s'évertue à expliquer s’être installé sur l’accoudoir du canapé où la jeune fille s’était allongée. Il lui avait alors massé les oreilles, puis le visage, "chose qu’il n’avait jamais faite", confie la victime. Mais le massage se serait poursuivi en direction de la poitrine.

Immédiatement, l’adolescente serait allée se confier à sa sœur qui l'avait trouvée "vraiment bizarre". Son père s’était ensuite précipité vers l'intéressé qui, entre temps, s’était endormi.

"Je peux masser les oreilles à n’importe quel moment"

"Lors de vos auditions, vous avez indiqué aux enquêteurs ne pas vous souvenir,  fustige la bâtonnière Séverine Ferrante. Ne pas se souvenir, cela ne veut pas dire qu'on ne l’a pas fait", sous-entend le conseil. "Mais je fais souvent ça à mes proches, c’est un moment de relaxation de détente. Je peux le faire à table à mes nièces. Je peux masser les oreilles à n’importe quel moment", se justifie encore le mis en cause.

Mais entre les oreilles et les seins, il y a une agression sexuelle. Le positionnement du prévenu ne change pas au fur et à mesure de l’audience. Il confirme faire des efforts de mémoire, essayer de s’expliquer et précise "subir tout autant que la victime".

"Cette histoire n'est pas sur un coup monté, précise le procureur de la République. Il a un temps indiqué que sa main avait glissé. Puis, maintenant, il dit ne plus se souvenir. Elle a espéré aujourd’hui qu’il reconnaisse mais son attitude est jusqu'au boutiste. Sur les oreilles et sur le nez ce sont aussi des attouchements", poursuit le représentant de la société qui requiert un an de prison avec sursis, 400 € d’amende et l’interdiction de pratiquer une activité en lien avec les mineurs pendant huit ans.

En défense, l’avocate du retraité tente de prouver que la partie poursuivante n’a pas amené la preuve des faits, et surtout qu’ils n’étaient pas intentionnels.

Après en avoir délibéré, le tribunal condamne Pascal R. à six mois de prison avec sursis simple. L’homme dont le casier était jusque-là vierge est inéligible pendant trois ans et a interdiction de pratiquer une activité professionnelle ou bénévole en lien avec des mineurs. Son nom est désormais inscrit dans le fichier des auteurs d’infraction sexuelle.

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