Margaret Robert-Mucy: Mon combat politique pour un dépistage précoce du diabète, un projet de loi pionnier

Le diabète est devenu le premier fléau en matière de santé publique à l’Ile de la Réunion.
Depuis plusieurs années, le diabète atteint toutes les couches sociales.
Plusieurs études s’accordent à indiquer que la prévalence de diabète à la Réunion qui se situe autour de 10,2 % est trois fois supérieure à celle de la Métropole soit 2,9 %.
D’autres indicateurs alarmants traduisent une montée exponentielle du diabète au sein de notre population multiculturelle et pluriethnique.
Selon les experts, « la prévalence atteint 34,3 % des hommes et 40 % des femmes âgées de 60 et à 69 ans ».
Il est à noter, par ailleurs que les jeunes ne sont pas épargnés par cette pandémie.
Selon ces mêmes spécialistes, « parmi les jeunes de 18 à 29 ans, 2,5% sont diabétiques, mais seulement un quart d’entre eux sont connus ».
Le diabète entraîne irrémédiablement des complications importantes et représentent un réel problème récurrent de santé publique : cardiopathie ischémique, néphropathie et insuffisance rénale, amputations des membres inférieurs, accidents vasculaires cérébraux, ronflement et baisse significative de l’activité sexuelle.
A l’Ile de la Réunion, force est de constater que des protocoles de suivi nationaux sont appliqués alors qu’a contrario des spécificités majeures tendent à indiquer que la prise en compte, le traitement et la prévention du diabète nécessitent des mesures locales appropriées.
En effet, la prévention du diabète à l’Ile de la Réunion, terre ultramarine métissée caractérisée par une pluralité culturelle arc-en-ciel, mérite une attention toute particulière quant à la prise en compte des données ethniques et notamment dans ses formes de résistance induite.
Dès lors, l’hypothèse de travail sur laquelle se fonde ma réflexion a été étudiée et mise en évidence par le docteur Eva Paratian, médecin généraliste et diplômé de la Faculté de Médecine de Strasbourg et spécialiste du traitement du diabète.
La question majeure s’articule de la manière suivante : quelles sont les spécificités réunionnaises qui favorisent cette augmentation de la prévalence du diabète ?
Indéniablement, la consommation excessive du riz blanc à La Réunion favorise cette augmentation de la prévalence du diabète.
Le riz blanc doit être consommé avec modération et la métaphore du « poing », à savoir un poing de riz ou « un léger gazon de riz » suffit amplement dans la consommation quotidienne.
En parallèle, les fruits et les légumes sont à privilégier dans le cadre d'un régime diabétique adéquat.
Les Réunionnais doivent ainsi prendre conscience de l’abondance des fruits et légumes sur les marchés locaux.
Dès lors, il est possible d'enrayer la spirale locale du diabète à La Réunion en optant pour une alimentation plus variée, équilibrée et en privilégiant l’apport de fruits et de légumes ainsi que les pratiques sportives.
Par ailleurs, et selon les analyses du Docteur Paratian, certaines ethnies posséderaient un terrain plus favorable à la propagation du diabète.
Dès lors, je soumettrai au Parlement une proposition de loi qui s’attachera à mettre en place un Projet pilote afin de démontrer que la prise en compte de l’ethnie est essentielle dans l’analyse des causes de ce fléau et qu’il est important de respecter les cultures de chacun tout en déculpabilisant les individus.
L’identification des ethnies en présence et leurs facteurs de risque sous-jacents permettront de mieux respecter les spécificités multiculturelles réunionnaises, et ce, afin de déterminer au mieux une forte politique de prévention du diabète à instituer localement.
Je proposerai donc une loi qui prendra en compte le caractère ethnique du diabète notamment dans son processus de prévention pour les départements ultramarins dans leur ensemble cosmopolite.
Il s’agira de poser clairement le principe d’une discrimination positive qui favorise cette prise en compte réelle de notre insularité métissée.
L’objectif premier est de donner des moyens de prévention précoce aux professionnels de la santé et plus précisément aux médecins dans cette approche ethnique.
Cette proposition de loi s’accompagnera également d’un dépistage plus précoce du diabète aux alentours de 25 ans .
Il va sans dire que cette prévention pionnière du diabète relève davantage de l’éducation que de la santé à proprement parler.
De plus, ce que je préconise en matière de santé publique c’est que la santé doit être une priorité essentielle.
La santé est à la base de toute relation sociale et éducative, car elle rythme les actes quotidiens et constitue immanquablement la pierre angulaire de tout processus de socialisation.
Margaret ROBERT MUCY
Candidate aux Elections Législatives
1ère circonscription de Saint-Denis


