L'orage du 20 décembre 93

C'est en feuilletant mon dossier DDE que je suis tombé sur des articles de journaux relatant cette catastrophe. Cet évènement météorologique d'exception est resté gravé dans les mémoires des personnes qui en ont été victimes !
Au cœur du désastre, les pieds dans la boue et à deux pas de la dépouille de Mr Thionville (le SDF retrouvé noyé dans la cave), le médiatique maire Annette étalait son inquiétude… pour l'avenir ; la DDE déclamait son incompétence et poussait la responsabilité dans le giron du maire ; le préfet, lui, décrétait : "Cécilia n'a rien d'exceptionnel" !
Sur place, ces trois 'zoizos' de malheur ne se sont aucunement inquiétés de savoir d'où provenaient les matériaux qui ont obstrué le canal… La peur sans doute d'avoir à quitter les lieux… sans chemise, sans pantalon !
Bref ! Gardons à l'esprit cette tragédie (qui n'est que le fruit d'une série de fautes inexcusables), et voyons ce qui s'est passé dans le Boucan-Launay avant cet épisode orageux : les encombrants accumulés devant Château-Morange provenaient du fabuleux stock de roches issues de multiples opérations de terrassement (antérieures à Hyacinthe 1980 et Clotilda 1987) ayant affecté les deux côtés du torrent. Il y en avait tellement, que même les crues catastrophiques de ces deux tempêtes n'ont pas pu tout emporter !
Subsista un monstrueux reliquat, auquel se sont ajoutés les milliers de tonnes de matériaux extraits du chantier de la SCI la Falaise (90), et du chantier de la rue des Tourtereaux (92)... Ainsi ragaillardi, Le Boucan-Launay a pu transporter une partie de son mortel contenu jusqu'au cœur de Château-Morange. Merci à la mairie pour ses permis à vau-l'eau et à la DDE pour sa gestion calamiteuse !
Maintenant, voyons ce qui s'est passé, dans le même Boucan-Launay, après ce fameux orage : en 1994 (déjà !), sous l'ère Annette (l'inquiet) : Ouverture du chantier de la SCI la Colline : des roches chutent au pied de la cascade ! La DDE permet alors au promoteur de chambouler un long linéaire de lit vierge pour pouvoir "récupérer" ses blocs ! Faute inexcusable !
Autre faute inexcusable : fin 1994, la DDE procède tout bêtement à un faux curage… qui ne fait que transformer le lit en goulet. Là-dessus, en 1996, (sous Tamaya) se greffent les blocs issus du chantier réactivé de la rue des Tourtereaux ; en 2004, (sous Victoria) les travaux préparatoires du chantier SCCV Canaris affectent le lit de la ravine ; en 2005, le Chantier de la SCI Minerve s'active au terminus de la rue des Genêts. C'est l'erreur absolue ! C'est le bouquet avec la réalisation d'un mur en 'roches libres' en plein DPF, dans une courbe et sans fondation ! Le mur ne fait pas moins de 30 m de long et 5 à 6 m de haut !
Des tonnes de matériaux y ont été disposées en arrière-plan pour finaliser l'exondement. Quiconque bénéficiant d'un décret préfectoral, sur mesure, aurait été idiot de faire moins pire ! (Coucou à l'ex sous-préfet de Saint-Benoît : Mr Villeneuve). Mais, mystère ! Ce chantier est abandonné en 2008 (retour de M. Annette ?). En 2007, la DDE (gestionnaire des ravines) constate que le mur de mon vis-à-vis de voisin constitue un danger, mais, au lieu de tancer le fautif, elle s'en sert comme (unique) argument massue pour le peindre en rouge ! Du haut de sa grandeur, elle commet l'erreur de reconnaître sa forfaiture par écrit ! Elle s'est piégée ! Il va falloir quand même qu'elle réponde à mes questions : le cabinet du président suit l'affaire… Mais… esprit colonial es-tu (encore) là ?
Mars 2015 : les crues qui ont transité dans le secteur, loin des yeux de la DDE, ont sapé les bases des croulantes colonies de roches ! … Ti lampe ! Ti lampe ! Une énième catastrophe aura lieu bientôt … Ce jour-là, le maire pourra renouveler son inquiétude. La DEAL, comme d'habitude, accusera le maire, quant au préfet, c'est sûr, il s'appellera Ponce Pilate ! Ici bas, tout est lié… Seuls nos fous ne le sont pas !
Alix Hoareau


