Revenir à la rubrique : National

LFI veut abroger le délit d'apologie du terrorisme 

Ecrit par N.P. – le dimanche 24 novembre 2024 à 07H38

La proposition de LFI d’abroger le délit d’apologie du terrorisme fait grand bruit. Si le parti plaide pour la défense des libertés publiques, ses détracteurs dénoncent une légitimation de discours dangereux.

Le député LFI du Nord, Ugo Bernalicis, a déposé ce mardi 19 novembre une proposition de loi visant à abroger le délit d'apologie du terrorisme, suscitant de vives réactions sur la scène politique française. Selon les élus insoumis, cette mesure est nécessaire pour préserver la liberté d'expression, qu'ils jugent menacée par l'utilisation abusive de ce délit.

Une atteinte à la liberté d'expression selon LFI

Dans l'exposé des motifs accompagnant leur proposition, les députés dénoncent "l'instrumentalisation de la lutte antiterroriste". Ils affirment que le délit d'apologie du terrorisme a conduit à la condamnation de responsables syndicaux et à l'annulation de plusieurs événements publics, notamment des campagnes évoquant le conflit entre le Hamas et Israël.

Pour LFI, "certaines condamnations sont justifiées", mais d'autres révèlent "une attaque sans précédent contre la liberté d'expression dans notre pays". Cette inquiétude s'est accentuée depuis une circulaire du ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, incitant à renforcer les poursuites pour infractions à caractère antisémite.

Des critiques virulentes de la classe politique

La proposition de loi a provoqué un tollé parmi les figures politiques de tous bords. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a qualifié cette initiative d’"ignoble" sur les réseaux sociaux. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a accusé LFI de vouloir "légaliser le soutien au Hamas et à l’idéologie islamiste". De son côté, Sylvain Maillard, député de la majorité présidentielle, a dénoncé une "folie" et une démonstration explicite des "affinités" de LFI.

Dans un courrier adressé aux chefs de file des groupes socialiste, écologiste et communiste, Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, a demandé une clarification sur leur position face à ce texte.

Face aux critiques qui ont suivi le dépôt de la proposition de loi, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a fustigé une "nouvelle agression contre LFI, orchestrée par l'extrême droite et complaisamment relayée par le paysage médiatico-politique". Appelant à dépasser les polémiques, il a exhorté ses détracteurs à "lire le texte de la proposition de loi" plutôt que de "se faire des films".

Etiquettes : Apologie du terrorisme | LFI

Dans la même rubrique

0💬
Tri :