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Urcoopa: les raisons profondes du "putsch" du 26 mars

Ecrit par Rubrique sponsorisée WR – le vendredi 3 avril 2026 à 18H08

Une banale histoire de millions d’euros...

1. Un putsch préparé

Le vendredi 20 mars, à 8h00, s’est tenue une présumée réunion du Conseil d’administration à l’URCOOPA, présidée par Henri LEBON, bien qu’elle ait été convoquée irrégulièrement par les représentants de SICALAIT et TERRACOOP.

Entre autres points à l’ordre du jour de cette pseudo-réunion figurait le changement de président et de vice-président. MM. Henri LEBON et Charles THONON, disposant de la majorité au Conseil d’administration grâce à la double voix du président LEBON, se sont opposés à toutes les propositions de SICALAIT et de TERRACOOP.

Cette réunion a été clôturée par le président à 8h25. À 10h10, les représentants de SICALAIT et de TERRACOOP ont fait le choix de s’isoler dans une pièce discrète pour voter "en misouk" une délibération dans laquelle ils s’autodésignaient unilatéralement et arbitrairement président et vice-président du Groupe URCOOPA.

Sur cette base, jeudi 26 mars en fin d'après-midi, ils ont tenté de prendre par la force et la brutalité les bureaux de l’URCOOPA, mettant à pied le directeur général au passage. Ce coup de force fait l’objet d’une procédure en justice dont le résultat est attendu pour le mardi 7 avril à 11h00.

2. Comment expliquer une telle folie ?

Elle résulte de l’obsession d’un homme pour l’abattoir de l’Étang-Salé : Jérôme GONTHIER. En urgence et aux meilleures conditions possibles, il veut céder cet outil industriel d’une valeur de 76 millions d’euros à Cédric DUCHEMANN, après la remise en cause par le juge des pactes litigieux qu’il avait signés, en tant que président de l’URCOOPA, en novembre 2017.

  • Un premier pacte daté de novembre 2017 envisageait la constitution d’une filiale commune pour la commercialisation de la volaille, EDG, détenue à hauteur de 51 % par la holding DUCHEMANN-GRONDIN (HDG), les 49 % restants allant à la SOFICOOP.

Grâce à ce montage astucieux, la holding DUCHEMANN a bénéficié de 2 millions d’euros par an pour la location de sa marque COCORICO, plus 1 million d’euros de rémunération annuelle, ainsi que des dividendes annuels qui atteignent en 2025 l’équivalent de 1,5 million d’euros.

Calculs faits, depuis 2017, ce sont au total plus de 25 millions d’euros qui ont été remontés vers la holding DUCHEMANN. Qui dit mieux ?

  • Un deuxième pacte, daté du 27 décembre 2017, un beau cadeau du père noël, prévoyait la cession au groupe DUCHEMANN de 50 % des actions de l’abattoir au prix de 10 millions d’euros. Un abattoir estimé à 76 millions d’euros et financé par des aides publiques à hauteur de plus de 40 millions d’euros.

Quelle belle affaire !

3. Un inconvénient de taille

Le 2 juillet 2025, la cour d’appel a prononcé la résiliation du deuxième pacte d’associés de décembre 2017. L’affaire a été portée devant la Cour de cassation. Néanmoins, à l’heure actuelle, le transfert de l’abattoir à des conditions outrageusement avantageuses au groupe DUCHEMANN est devenu plus incertain. Tout le montage astucieusement échafaudé depuis 2017 est en passe de s’effondrer comme un château de cartes.

4. TERRACOOP et SICALAIT jouent le tout pour le tout

Vu la décision du juge de juillet 2025, seule une prise de contrôle de la SOFICOOP permettrait à M. GONTHIER de transférer l’abattoir à son ami M. DUCHEMANN.

L’offensive s’est déroulée en deux temps.

Dans un premier temps, le plan de redressement concurrent porté par TERRACOOP et SICALAIT en février 2026. Qu’importe que ce plan conduise au démantèlement du Groupe URCOOPA, tant qu’il permet de céder l’abattoir à M. DUCHEMANN et d’aboutir au projet envisagé en 2017.

Deuxième temps, la tentative de "putsch" du 20 mars, révélée au grand jour le 26 mars, lorsque TERRACOOP et SICALAIT ont pris conscience que leur plan concurrent battait de l’aile et n’avait aucune chance d’aboutir.

Un putsch qu’une très large majorité de salariés ainsi que la plupart des éleveurs, en état de légitime défense, rejettent fermement. Des femmes et des hommes courageux qui n’ont pas hésité, à protéger leur outil de travail tout en veillant à garantir aux éleveurs l’aliment nécessaire à leurs exploitations. 

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