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Le désir de vivre de l’enfant, alternative épigénétique conditionnant sa santé

Jusqu’à présent, les généticiens dans leur grande majorité véhiculaient l’idée que nous étions « déterminés par nos gènes » alors que trois grands chercheurs, Richard LEWENTIN, (généticien), Steven ROSE (neurobiologiste)  et Léon KAMIN (psychologue) affirmaient en 1984, preuves scientifiques à l’appui,  que nous «n’étions pas programmés ». De nos jours, il est admis qu’une marge de liberté […]

Ecrit par Frédéric-Paulus – le samedi 10 décembre 2022 à 13H41

Jusqu’à présent, les généticiens dans leur grande majorité véhiculaient l’idée que nous étions « déterminés par nos gènes » alors que trois grands chercheurs, Richard LEWENTIN, (généticien), Steven ROSE (neurobiologiste)  et Léon KAMIN (psychologue) affirmaient en 1984, preuves scientifiques à l’appui,  que nous «n’étions pas programmés ».

De nos jours, il est admis qu’une marge de liberté génétique modifie cette vision figée en se nommant  « épigénétique ». Ce terme évoque la part d’influence de l’environnement dans l’expression des gènes et du génome plus globalement. Cette nouvelle réalité change tout RADICALEMENT du point de vue du développement de l’enfant. Dans un environnement qui lui est favorable, il va évoluer favorablement épigénétiquement en fonction de cette liberté et a contrario, il peut se figer (épigénétiquement encore) si l’environnement ne respecte pas ses rythmes et ses désirs.

Les conditions du  désir de vivre de l’enfant  se manifestent dès sa fécondation. Cette réalité ne nous apparaît pas comme désir car les génomes des géniteurs sont à l’œuvre dont la prodigieuse créativité dépasse nos capacités de perception et de conscience. Deux psychanalystes, inspirés par les travaux du psychanalyste suisse Carl Gustav JUNG, Varenka et Paul MARC , suggéraient que « c’est l’enfant qui se fait naître ». L’énigme génétique du désir demeurera cependant à objectiver. Il ne devrait pas être exclu d’avoir recours à la sensation pour ressentir sa réalité dans le sentiment d’exister, non perceptible avec un microscope ou un scanner ! A quel moment de la gestation l’embryon ou  le fœtus et le nouveau-né se sentent-ils exister ?

Un ami, Federico NAVARO, psychiatre italien (1924-2002), « antipsychiatre » devrais-je dire, avançait que le bébé désiré vivait dans  un utérus « chaud », celui non désiré un utérus « froid ».

Le processus de développement peut être intrinsèquement perçu  par le bébé au-delà de la sensorialité cellulaire lorsque le cerveau est en capacité de ressentir les perceptions, ensuite de réagir pour s’en protéger et désirer vivre.

Dans le lien qui suit, il est question d’un bébé qui, agressé par l’environnement familial durant sa gestation, se serait protégé en exerçant une pression sur les lobes de ses oreilles en formation au point de les rabattre pour réduire les nuisances sonores.

https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/la-revolution-epigenetique-des-la-vie-foetale,89060

L’idée de désir de protection contre le stress suscité par l’environnement peut nous venir à l’esprit, comme l’idée de genèse du désir dès la conception cellulaire du bébé ou celle que le bébé puisse désirer naître.

Notre expérience de psychothérapeute auprès d’enfants nous conduit à soutenir la vision selon laquelle le bébé peut réagir si ses rythmes biologiques et ses désirs de communication sont épigénétiquement entravés. Il manifestera de fait une vitalité qui peut devenir éprouvante pour les parents si ceux-ci n’ont pas perçu les prouesses intelligentes potentielles dont leur enfant peut faire preuve dans un environnement bienveillant favorisant son développement. Pour ces enfants risquant d’être qualifiés de « caractériels », le danger sera de devenir des  clients de psychologues s’attaquant aux symptômes occultant les causes de leur réactivité vitale.

Il ne s’agit pas de faire faussement de l’enfant « un roi », mais idéalement de tout organiser pour que les parents ressentent et prennent conscience de cette formidable intelligence que l’évolution aura sélectionnée corporellement chez lui. Cela apparaît régulièrement au niveau des recherches en laboratoire.

Les décideurs politiques, soignants et professionnels de l’enfance devront ensuite faire preuve d’humilité afin de penser une place plus satisfaisante qu’actuellement à accorder aux parents, premiers responsables de la Santé des enfants, sans culpabiliser ceux qui se situeraient hors de ce processus de conscientisation – qui reste  à structurer et adapter.

Notre association CEVOI suggère un rapprochement des psychologues avec les sages-femmes dans l’accompagnement des grossesses et des naissances des enfants avant le passage de relais en direction de « Parents Relais Citoyens ». Ces derniers seraient socialement reconnus pour leur engagement bénévole et organisés en Maisons des Parents et de la citoyenneté au niveau des communes ou des inter-communes.

L’accompagnement psychosociologique des parentalités dans leur diversité serait un chantier qui se fixerait comme objectif la SANTÉ des futures générations.

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Frédéric Paulus, animateur du CEVOI (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien) et expert extérieur  Haut Conseil de Santé Publique.

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