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La Réunion, île aux déchets

Ecrit par zinfos974 – le lundi 25 mai 2009 à 11H49

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La presse a relaté l’incendie de la décharge de la rivière Saint Etienne dans ses pages "faits divers". Devant l’inquiétude des riverains, des scientifiques se sont empressés de dire qu’il n’y avait pas de risques en terme de santé publique puisque personne n’avait été hospitalisé, le temps d’inhalation étant trop bref. Quant aux autorités, elles ont fini par faire recouvrir une partie du site par un "sarcophage" de plusieurs milliers de tonnes de gravats afin de stopper l’incendie et surtout mettre fin à la propagation des fumées toxiques. Des scientifiques qui se veulent rassurants, un "sarcophage" pour réduire les risques, voilà qui rappelle, toute proportion gardée, ce qui s’est passé en 1986 à Tchernobyl.

L’incendie de la décharge Saint Etienne, n’est pas un simple "fait divers", c’est un véritable accident industriel. Ces fumées étaient chargées de dioxines issues notamment de la combustion des plastiques, des molécules toxiques, peu  biodégradables, se concentrant dans les cultures, puis tout au long de la chaîne alimentaire et remontant jusqu’à l’homme. Car contrairement aux affirmations de l’Observatoire Réunionnais de l’Air (ORA), ces substances contaminent l’homme majoritairement par voie alimentaire et la dite combustion a duré plusieurs jours. Cet accident industriel exige une évaluation en terme d’impact sanitaire.   

Or, au vu d’un certain cafouillage, on peut s’interroger : les autorités ont-elles eu une gestion appropriée d’un tel accident ? La Réunion est-elle dotée d’un plan pour répondre aux risques engendrés par ce type d’événement, un plan qui permette de prendre des mesures rapides de protection comme l’évacuation ou le confinement des riverains et qui permette d’avoir tout aussi rapidement des analyses afin de déterminer le degré de contamination de l’air par les substances toxiques ?

Le Directeur de l’ORA a dû lui-même reconnaître qu’il est incapable, faute de moyens, de donner une réponse sur cette contamination. Au-delà de ce constat, il faut analyser cet événement dans le contexte de la gestion désastreuse des déchets à La Réunion.

Depuis près de dix ans  les Verts  interpellent les élus du Conseil Général sur la nécessité de mettre en place une véritable politique de déchets avec un volet "en amont" visant à réduire leur production et un volet de développement des alternatives.  Le temps passe, les déchets s’entassent et du fait de cet accident industriel prévisible vu la  façon dont est gérée la décharge de la rivière Saint-Étienne, certains politiciens ignorant visiblement tout de la question, viennent expliquer qu’il faut construire des incinérateurs !

C’est la pire des solutions. Les  incinérateurs, sont des  usines à produire des dioxines, ils sont inutiles, dangereux, d’un coût exorbitant et nécessitent en plus des centres d’enfouissement des résidus hautement toxiques de l’incinération. Le traitement des déchets ménagers sans incinération est plus simple, moins onéreux et moins dangereux pour la santé et l’environnement, tout en générant beaucoup plus d’emplois. Faisons simple, bon marché, écologique et créons beaucoup d’emplois, au lieu de faire de plus en plus cher, compliqué et toxique et d’enrichir les multinationales du secteur !

Jean-Pierre Marchau, porte parole des Verts Réunion

 

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