La construction du Beffroi de l’église de Sainte-Anne
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Lors de la construction des fresques de l’église de Sainte-Anne, qui de loin nous rappelle une cathédrale gothique, tous les habitants du village, qu’ils soient descendants d’engagés, d’esclaves ou de petits colons, noirs, blancs, métis, à égalité, unis dans la fraternité chrétienne, tous mirent la main à la pâte, avec leur truelle de maçon ils sont allés au pied du mur pour aider gracieusement le curé original qui voulait refaire la façade de leur église et cette idée leur avait plu. Point besoin de l’argent de la nation ou que sais-je, mais ils l’ont fait avec leur propre moyen, avec leur foi. Tous étaient unis, ils le faisaient pour Dieu, pour que leurs enfants et petits enfants soient fiers d’eux. Cela se faisait avant la guerre, dans l’harmonie et dans un esprit de soutien mutuel et de partage. Après la messe, le jour de Pâques, tous partagèrent ensemble, en dignes compagnons du devoir, les macatias offerts par la communauté paroissiale. Pas de protocole et de cérémonie artificielle de type MCUR, tous faisaient un, les chrétiens de La Réunion sont libres, ils n’ont pas attendu le 21e siècle pour s’unir, pour s’aimer et se respecter mutuellement dans la gentillesse et la solidarité qui sont des vertus simples, trop subtiles pour ceux qui veulent nous manipuler (mais ils n’y arriveront pas, les sentinelles veillent). Cela s’appelait… et s’appelle encore, Dieu merci, la Civilisation Créole.
Un vieux Créole


