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La chute sera dure!

Ecrit par zinfos974 – le lundi 7 mai 2012 à 10H00

Les politologues vont essayer de mieux cerner ce qui a perdu Nicolas Sarkozy à cette présidentielle de 2 012. Quand on sait que cet homme a réussi à être le chef incontesté de son camp, à maîtriser vraiment ses troupes, où il était même plus que craint, à débaucher des têtes dans le camp adverse, à réunir autour de sa personne moult conseillers en communication et experts dans bien des domaines, à créer un événement par jour, et qu'au départ dans le match ultime, il en était à essayer de ridiculiser son principal adversaire, alors il n'est pas inutile d'essayer de saisir ce qui n'a pas marché dans cette mécanique. Et pourtant, il a échoué; son échec au moment du lancement de la confrontation était programmé dans l'opinion, mais il se refusait obstinément à reconnaître la force de cette opinion, persuadé qu'il lui revenait de la refaçonner, de la recomposer à sa guise.

Trop nuit, toujours, et en tout! Il disait souvent qu'il était à fond dans le mouvement qu'il mettait en route, et qu'il allait encore accélérer, pour dire qu'une telle performance ne pouvait être réalisée que par lui, et lui seul. Quel ego! Et pourtant, le cycliste amateur qu'il était devrait savoir qu'à emmener un trop grand braquet au bout d'un certain la machine n'avance plus, même à se battre avec elle avec l'énergie du désespoir. On ne peut pas avoir raison, toujours, et sur tout!

Le trop en communication finit par tuer la politique, la démonstration en est faite, surtout quand l'analyse ne repose que sur des raccourcis, des amalgames, et l'utilisation de mots qu'il vide de leur sens. Il perd, tout simplement parce qu'il ne montre plus de conviction dans tout ce qu'il entreprend. Il ne croit plus en rien, bien que le fond de libéralisme reste présent et qu'il tombe toujours du côté où il penche, et ne ramène la politique qu'à des tactiques à ajuster au gré des événements. Quitte à se contredire un jour sur l'autre; à ne s'emparer que d'un segment de telle ou telle problématique de société pour caresser dans le sens du poil le ressenti au premier degré d'une partie des citoyens, pour finir par se couper de son entourage en l'amenant à ne s'accrocher qu'à sa personne, à son soi-disant savoir-faire, niant même la qualité de son équipe. À se demander pourquoi dans son propre camp, il n'y ait pas eu plus de contestation, de ruades dans les brancards? Il était bien trop tard le soir de la défaite pour mettre en avant le pluralisme dans la société, essayer de faire croire que c'est l'adversaire qui utilisait des méthodes déshumanisantes et que l'authenticité était de son côté. Et là encore l'humilité affichée était feinte!

Que fera-t-il demain? Quand son agenda sera vide, quand il ne verra plus la crainte du chef dans les yeux de tous ceux de son entourage; quand il n'y aura plus à aligner tout son monde sur des éléments de langage à répercuter sans nuancer, quand son histoire d'homme politique s'effacera devant ses petites affaires personnelles; quand il ne lui restera qu'à chercher une petite tribune ici ou là pour exister; et quand dans sa nouvelle vie d'homme ordinaire, il lui faudra, d'une façon ou d'une autre, travailler en équipe sans en être le chef dominateur, alors il commencera à comprendre pourquoi le peuple a mis à terre cette immense comédie autour de sa petite personne. Et la chute sera dure!

Emaï Bonel

 

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