Je vous en supplie mon lieutenant, halte au feu !

Suite aux accords d’Evian du 18 mars 1962, il a été décrété que le 19 mars serait le jour de la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. Oups ! Selon notre Président encore en fonction, cette première commémoration (l’an passé, il y avait renoncé pour cause de polémique évidente, élections départementales obligent) a pour objet de rassembler les pays et peuples concernés en la mémoire des victimes civiles et militaires de ce chaos politique et militaire.
Doux rêve ! C’est faire fi des conséquences immédiates des répercutions malheureuses de cette annonce . Il faut tout de même avoir en mémoire que les témoins, Harkis et Pieds-Noirs sont encore de ce monde et n’oublieront jamais les milliers de Pieds-Noirs et les 8000 harkis tués après ces accords. Et puis, le temps n’effacera rien…Le spectre de la Guerre d’Algérie dite " sans nom" ne cessera d’agiter les passions.
Les malheureux inventeurs de cette commémoration occultent et insultent leur mémoire. N’oublions que la France alors avait militairement gagné cette guerre enfin reconnue comme telle. Quel gâchis !
Je suis toujours très ému à l’évocation de ces douloureuses épreuves endurées par ces français voulant simplement…rester français. Systématiquement me reviennent en mémoire et me hantent, ces paroles : "Je vous en supplie mon lieutenant, halte au feu". Pour rappel , 22 mars, des activistes partisans de l’Algérie française prennent le contrôle de Bab El Oued à Alger alors qu’une manifestation pacifique de civils non armés se tient dans la même quartier.
Dans ce chaos, dans une évidente impuissance militaire, car les jeunes soldats sont des appelés du contingent et leur lieutenant sans expérience de la guérilla urbaine, ça tire tout azimut. Résultat du carnage :50 morts civils innocents morts à cause du non discernement du commandement militaire.
Je n’oublierai jamais.
Alain NIVET
Bellepierre


